La Fille au Parapluie #Récit Fictif


Je viens de finir la Série Ally McBeal après un an et demi. 5 saisons de 20 épisodes, des personnages très attachants qui m’ont bien tenue compagnie et beaucoup de réflexions sur le pouvoir de nos émotions. J’en ferais un article spécial plus tard. Assez émue, comme après avoir fini Buffy contre les Vampires. Et pourtant ce ne sont que des séries, mais on finit par s’en imprégner et en prendre conscience rend les choses différentes. Alors voici un récit fictif sur le coup de l’inspiration. Cela aurait pu être Ally, Buffy ou moi 🙂

La pluie martèle le sol, inonde la Terre et mes pieds glacés par l’eau se font plus lourds. A chaque pas. Mon manteau virevolte au gré du vent cinglant qui brouille ma vue. La nuit est tombée. L’hiver a recouvert la ville de sa caresse givrée. J’aurai pu être à Boston, New York, Pékin, Paris, Londres ou même une ville de mon invention. Il y aura toujours ces musiques qui résonnent dans ma tête, ces discours intérieurs issus d’imprégnations extérieures.

Trop sensible, trop fragile, trop expressive, trop franche, trop étrange. J’ai appris à vivre avec et à l’accepter. Hypersensible ? Dans un monde qui manque cruellement de sens et d’amour, je ne crois pas que cela soit une tare. Au contraire.

Le temps passera et il passe déjà. Il nous martèle tous de sa pression inlassable. Déjà quelques années de vécues et j’ai l’impression d’avoir vécu des siècles. Chaque étape, marquante, devient un cadre accroché dans l’esprit qui évolue et se tasse. Qui se retrouve et s’enlace. Les cicatrices s’effacent et s’affaissent. Elles n’ont plus besoin de maquillage, elles font parties de ce que nous sommes.

Je marche dans cette ville, à travers le temps qui passe, sous la pluie qui s’entasse. Et si tout s’arrêtait maintenant ? Et si l’on pouvait accélérer le temps ? Et si l’on pouvait faire le tour du monde, rendre visite à tous ces sages pour qu’ils nous délivrent le secret de la vie?

Aujourd’hui, j’ai compris qu’il n’y a pas de secret. Il n’y a pas de notice. La vie est faite pour être vécue. Et on l’a vit nécessairement. Que cela soit en y survivant, en y cherchant du sens où en s’y perdant.

On la vit à chaque instant. A chaque moment. Peu importe les musiques qui résonnent. Peu importe les questions qui détonnent. J’ai longtemps cherché à me rassurer. A me dire qu’en grandissant, on comprendrait les choses avec plus de clarté.

Alors j’ai observé et j’ai cherché chez ceux qui ont l’expérience des années accumulées. Et j’ai compris qu’on aurait pas plus de réponses qu’eux. J’ai compris qu’ils se sont juste fait à l’idée d’arrêter de trop réfléchir et qu’il faut laisser passer le courant. Se laisser aller au gré des vents de la vie. Que cela soit à contre-courant, inattendus ou bien sous entendus.

Je ne sais pas de quoi sera fait le lendemain. Et vous non plus. Là seule chose à faire et de se raccrocher à quelque chose de plus grand que soi. S’y raccrocher de toutes ses forces et avancer. Parce que quoi qu’on ne le pense. Nous n’avons pas le choix absolu.

Nous sommes tous sur le même océan de la vie. A chacun sa mer, son courant, ses batailles, ses bouées, ses marées. Ce soir-là, je rentrerai probablement de l’université, du travail, à la maison.

Attendue ou solitaire. Goût aigre-doux ou amer.

Mon espoir n’est pas en cette vie. Mon espoir n’est pas en une réussite professionnelle ou bien matérielle. Ou en un grand amour qui peut-être ne viendra jamais. 

Non.

Mon seul espoir.

Mon unique espoir.

Est placé là-haut.

Au cœur d’une autre dimension. Car nous sommes tous des êtres spirituels qui traversons cette vie matérielle. Faite d’épreuves. Faite de ronces, de pierres, d’ombres, de démons et de bonbons. Acides ou amers. Extralucide ou éphémères. Chimères ou bien réalités alternatives ?

Sacrifices humains ou bien mémoire sélective?

Je marche toujours au cœur de l’ancienne ville. La nuit m’enveloppe de son souffle d’ébène. Ma cape virevolte toujours. Je suis le chemin. Et je ne sais toujours pas de quoi sera fait le lendemain.

La seule chose qui a changé. C’est mon état d’esprit.

Et cela fait toute la différence.

Je n’attendrais plus que les réponses, que les secrets viennent des autres. Je n’attendrais plus que les autres se mouillent pendant que je me pose des questions pour savoir ce que cela fait.

Non. Maintenant, je préfère m’imprégner de la pluie.

Boire chaque rayon de soleil timide qui se pointera à l’horizon.

Rire à en perdre haleine ou pleurer comme une baleine.

Je range alors le parapluie qui me protégeait jusqu’alors.

Je ne le ressortirait plus.

Fini les barricades. Même si j’aurai froid et peur à l’intérieur. Sans doute.

Mais j’irai de l’avant.

Même si cela signifie d’aller soi-même sous la pluie.

J’y plongerai tête baissée. Et je n’attendrai plus.

Fini les attentes infinies des réponses aux secrets du monde.

Personne ne les as. On se crée juste des combats, des raisons. On s’attache pour se donner la force de se relever quand ça ne va pas.

On cherche des justifications et des raisons valables à tous nos combats.

Je n’espère plus et je n’attendrai plus.

Car il faut vivre.

S’en imprégner.

Ecrire.

Transcender et puis revenir pour recommencer.

Ma personnalité et mon physique changeront sûrement. Mais mon âme elle, restera inchangée.

Et la vôtre aussi. C’est la seule chose que l’on peut garder même jusqu’après sa mort. Prenons-en soin.

Mon parapluie rangé. J’arrive bientôt à destination. Mais avant, je lève le nez au ciel. Pas de lune brillante ce soir. Pas de loup-garou non plus. Les vampires n’existent pas plus qu’eux. De même que toutes les histoires chimériques que je me suis racontée depuis des années.

Mais c’est mon monde.

Et il évoluera avec moi au fil du temps.

Même s’il n’existe pas de manière palpable.

Tant que je peux l’imaginer, il existera.

Beaucoup de personnes ont peur de la solitude.

Moi, je la trouve de plutôt bonne compagnie.

Silencieuse, elle te laisse être toi-même, sans masques.

Alors que le parapluie m’a échappé, il s’est envolé.

Radjaa Ab

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2 réflexions sur “La Fille au Parapluie #Récit Fictif

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