Jane Eyre (2011) #Réflexions Autour du Film


Après avoir visionné ce film il y a quelques jours, je partage avec vous mes impressions. Bonne lecture !

janeeyreFilm adapté du roman éponyme Jane  Eyre de Charlotte Bronté au 18ème Siècle.

Résumé de l’intrigue : Jane Eyre est une orpheline issue de famille noble. Elle est recueillie par la femme de son oncle qui ne l’apprécie pas du tout et la place dans un pensionnat pour filles dans le but de s’en débarrasser. Jane ère ainsi du pensionnat à plusieurs familles de nobles qui la prennent en charge. Une fois son éducation parachevée, elle devient enseignante puis préceptrice au manoir des Rochester. C’est là qu’elle fait la rencontre du maître des lieux…

Remarques sur le film : Ce n’est pas une romance à la guimauve dénuée de sens – Dieu merci. A chaque fois que je visionne quelque chose qui met en scène une histoire d’amour je pars déjà avec une certaine appréhension sceptique. Je suis lassée des histoires trop mielleuses, où tout s’emboîte trop facilement ou au contraire, lorsque c’est dramatisé du début à la fin. Je crois qu’en réalité, les histoires dépendent d’un certain équilibre – la vie se régule tout seule, elle n’a pas besoin d’excès. Une belle réalisation et des acteurs fidèles à leurs personnages. L’acteur qui interprète Edward Rochester a aussi joué dans Assassins Creed c’est pour ça qu’il me disait quelque chose !

Le Vif du Sujet L’œuvre des soeurs Bronté est intemporelle car elle traite de la condition des femmes du 18ème siècle d’une manière qui n’est pas sans rappeler des topos  en lien avec notre société moderne. En effet, les personnages féminins représentés questionnent la place que prend l’éducation, la famille, le statut social, l’amour et le mariage dans la vie d’une femme. Mais on ne peut clairement comprendre le message véhiculé à travers Jane Eyre sans parler de littérature !

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement romantique du 18ème siècle qui traverse l’Europe. Et la France a eu son lot de romantiques, de Stendhal en passant par Maupassant et Flaubert. (Même si certains de leurs romans sont aussi réalistes en effet.) Le romantisme se base sur plusieurs fondements dont la volonté d’exprimer tous ses états d’âmes (positifs ou négatifs) à travers l’art. La nature et les paysages sont utilisés pour placer un personnage mélancolique qui rêve et se questionne pour exacerber le mystère qui tourne autour de ce dernier. Les romantiques cherchent à s’évader d’une perception de la réalité trop raisonnée. Ce n’est pas pour rien que ces deux mouvements littéraires apparaissent à la même époque. En somme, les valeurs esthétiques du romantisme tel qu’il est traité en littérature, ont inspirés une multitude d’artistes musiciens, peintres…

Jane Eyre

J’ai beaucoup apprécié le film car toute la mélancolie ressentie par Jane qui cherche à réaliser son rêve d’évasion est retranscrite à travers les musiques de fond et les paysages magnifiques. La nature vaste est source de contemplation et de méditation. Jane se perd à travers l’horizon qu’elle aimerait découvrir et dépasser.

Le film débute d’ailleurs par Jane qui court sous la pluie // symbole de la tristesse et du désespoir. Plusieurs passages mettent d’ailleurs Jane et un personnage masculin qui se croisent au carrefour d’un chemin de terre. Cela m’a fait réfléchir sur le sens des rencontres qui jalonnent notre vie. Aucune rencontre ne se fait au hasard et à mon avis, il y a toujours un sens à donner, une leçon à apprendre, quelque chose à donner/recevoir. Toute personne qui devra croiser ton chemin le fera au moment opportun. A chacun de suivre ainsi sa route et le chemin qu’il décide emprunter. #TheRoadIsNowCalling.

Le prochain sujet de réflexion est bien sûr la romance entre Jane et Edward. On remarque dès leur première rencontre qu’ils se comportent de manière inhabituelle. Edward (bon je le surnomme Rochester sinon je vais penser à l’autre gugusse de Twilight 🙂 Donc Rochester qui a déjà un sale caractère à la base, peu bavard et  taciturne devient d’autant plus renfermé sur lui-même. Non content d’être un vrai glaçon ambulant, il est aussi colérique et tantôt distant, tantôt à l’écoute. Quand à Jane, elle est très déstabilisée par Rochester dans un premier temps car elle ne sait pas comment réagir envers lui et sur quel pied danser. Elle est très méfiante et sur la défensive.

rochester

Tant que vous n’êtes pas sa femme, tenez-vous de lui, ne lui faites pas confiance et faites attention à vous-même. Mme Fairfax.

Toute la beauté de cette histoire se retranscrit à travers la liberté que prennent les personnages de se laisser toucher par l’autre, sans pour autant se considérer comme acquis. Rochester se soucie de Jane et le lui fait comprendre de manière assez directe et abrupte car il est touché par son côté obscur qui fait écho à son propre vécu. De la même manière qu’il est touché par l’innocence et la candeur de cette jeune femme intelligente qui sait répondre avec répartie et lui tenir tête. Comme lorsqu’il lui demande si elle ne le trouve pas bel homme et qu’elle lui répond que « la beauté en vérité n’a que peu d’importance. »

Jane est similaire aux jeunes filles de l’époque en ce qu’elle a acquis d’éducation mais elle diffère par son caractère de rebelle qui marque Rochester. Il voit en elle ce qu’elle est vraiment et décèle dans son regard « cette flamme qui veut voyager et qui a faim des plaisirs de la vie. »

Quant à Jane, elle est sans doute touchée par les tourments qui rongent Rochester ainsi qu’à la manière qu’il a de prendre soin d’elle. Elle n’a jamais connu son père en ce sens, il joue le rôle d’un protecteur.

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Les deux personnages se rencontrent ainsi, ils se trouvent, mais tout ne se passe pas de manière idyllique pour autant. Pour éviter les spoilers ainsi qu’un article beaucoup trop long, je passe les détails. Mais j’ai été plus que surprise par Jane qui montre une autorité impartiale et sait se respecter elle-même d’abord dignement. Rochester la suppliera de rester et elle que de lui répondre, malgré les larmes qui coulent « Oui je t’aime mais cela ne suffit pas. A quoi cela sert-il si c’est au détriment du respect que j’ai pour ma personne? »

Elle n’est pas l’incarnation de la femme fatale qui ne montre pas ses sentiments et s’éloigne pour se protéger comme le fait si bien Elizabeth dans Pride and Prejudice de Jane Austen. Et elle ne se met pas non plus à genoux à tout prix pour son amour. Le juste milieu en somme. Si vous regardez le film vous verrez par la suite que tout s’enchaîne à merveille, même si cela est un brin dramatique, ça prend tout son sens. Les deux personnages avaient besoin de grandir et d’apprendre à faire le deuil de leurs démons passés pour ensuite mieux se retrouver.

Le film souligne aussi que quand on parle d’amour, il s’agit tout d’abord d’une rencontre d’âmes. Le corps et tout le reste vient après. Fait marquant de Rochester qui lui dit « je n’ai que faire de votre corps cela ne me suffit pas quand je sais que c’est votre âme que je veux tout entière. »  Fait trop souvent omis dans les films actuels je trouve. L’amour c’est surtout une affaire de connexion d’âmes en fait. Et cela prouve aussi que c’est bien la femme qui tient les rennes d’une relation et non l’inverse. Mesdemoiselles le bal est ouvert : il n’y a plus qu’à savoir avec précision ce que vous voulez.

Mis à part l’amour, on peut parler des traits de caractère louables (cf éloge de la morale/éthique/bonnes mœurs de l’époque)  de Jane qui n’en veut pas le moins du monde à sa tante. Sur son lit de mort elle lui dit ces mots très sages.

Aimez-moi ou détestez moi à votre gré, je n’attends rien en retour. Soyez en paix.- Jane

Je trouve que c’est un bon état d’esprit : nous n’avons que faire des jugements d’autrui s’ils ne sont pas partagés et formulés de façon constructive pour nous permettre d’avancer. Pareillement, je ne suis pas responsable de ce que vous pensez de moi ou de mes articles par exemple. C’est votre point de vue et cela ne change en rien à ce que je suis ou à la valeur que je me porte à moi-même. On porte souvent le regard des autres comme un fardeau sur nos épaules : mais il ne nous incombe pas.

Petit passage qui fait l’éloge du dur labeur accompli et de la religion « tant qu’il fait jour, nous devons travailler. Seigneur aidez-nous à choisir la voie la plus ardue car nous devons apprendre la patience. » Je clos l’article ici et je vous renvoie à un petit passage/récit fictif que m’a inspirée dans un prochain article.

« – Jane, je crois que c’est un rêve. – Réveillez-vous donc Rochester. »

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  1. Pingback: Jane Eyre Inspiration #Récit Fictif | Plume d'Ameth

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