Trouver le courage…#Humeur


Depuis le retour de Pékin, tout s’accélère et avance trop vite. J’ai l’impression d’avoir le temps pour tout faire mais en même temps que j’ai envie de faire trop de choses et cela me fatigue moralement. Normalement quand on a pleins d’idées et de projets, on est au contraire motivé, alors peut-être que je fais « trop » Ou qu’à force de vouloir de trop en faire et bien, ça fini par voler en éclats.

Je n’ai rien à plaindre qu’on se le dise, j’ai tout ce qu’il faut pour mon confort et pouvoir être heureuse, mais parfois on se sent le besoin de péter les plombs pour ensuite reprendre la cadence.

Alors depuis la Chine, déjà j’étais anxieuse tout l’été au sujet de mon hypothétique Master. Et puis je n’ai ni été acceptée en double cursus langues étrangères/communication, ni dans les vieux masters de traduction que je ne voulais pas vraiment d’ailleurs.

Alors en dernier recours, j’ai passé un concours pour une école de communication et ô joie, j’ai été acceptée. De là commence un nouveau départ, une nouvelle classe hyper sympa et une école plutôt intéressante aussi.

Nouveau système en alternance donc nouvelle adaptation : deux semaines de cours et deux semaines de recherches de stage. Il me fallait bien trouver une alternance pour compléter ma formation. Cependant, j’ai mal supporté les petits morceaux que l’on m’offrait : soit j’ai cours toute la semaine comme tout le monde, soit je n’ai pas cours du tout. C’est quoi cette formule à la noix de 2/4 ?

Alors bon, parlons des cours, qui bien qu’intéressants, manquaient de contenu intellectuel à mon goût. Comment dire, par respect pour l’école tout de même, je ne critiquerait pas, mais simplement ces jours-là ne me satisfaisaient pas intellectuellement. Pour être rassasiée, j’ai besoin d’analyser, de comprendre, de sentir que ça bouillonne là-dedans alors il me fallait autre chose que des cours d’ergonomie, de design et de story-telline en entrée.

Mais je m’étais dit, ô toi qui ne jure que par l’espoir, garde la pêche, tu vas trouver ! Après avoir marché sous la pluie pour plusieurs entretiens au centre de Lyon, après avoir enchaîné une dizaine d’entretiens, découvert les différentes stations de TCL lyonnaises, harcelé des gens par téléphone, envoyé plus de 300 (j’ai compté!) CV et avoir remanié mon CV accompagné d’un mail poli et d’une LM sur-mesure : nada.

« Merci mademoiselle… Ah vous parlez le mandarin ? Mais cela ne sera pas utile pour notre boite. » « Vous être une personne très intéressante et qui a toutes les qualités d’une bonne communicante malheureusement les contrats demandés par votre école ne nous arrangent pas. Par contre, si vous cherchez à être stagiaire à temps plein… »

Bref, finalement après avoir vécu tout un premier semestre d’angoisse, de stress, d’anxiété et de crises d’angoisses, j’ai décidé qu’il était temps de passer à autre chose. Alors moi, la gentille fille studieuse, rat de bibliothèque, qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre -vraiment? C’est mal me connaître voyons!- Je suis allée voir l’équipe pédagogique pour leur expliquer avec tact et fermeté que je ne me sentais plus à ma place.

Mail de désinscription envoyé, paiement du mois annulé – heureusement que j’ai eu l’intelligence de ne pas payer l’école à l’année- retour chez moi. Pendant que le monde avance et que mes amis en sont à leurs masters et compagnie j’étais, après la Chine, de retour à la case départ, comme après le Bac, à me demander ce que j’allais bien faire de ma vie.

En a suivi tout un mois de Grande Dépression, et je crois qu’en comparaison celle de 1929 c’était du gâteau. Je me disais que je ne servais à rien, que j’allais perdre un an dans le vide, que je décevrais mes parents. Qu’après tout ce que j’avais appris sur moi et la vie, je me retrouvais finalement ‘à la case départ’ Que de toute manière, je risquais de perdre le niveau de chinois acquis sur le terrain, que les études et surtout la fac, ne servaient qu’à parquer les étudiants en attendant qu’ils crèvent ou qu’ils se bougent suffisamment pour réussir.

Bref, c’était pas joli joli. Et puis d’ailleurs, les études, ça sert à quoi si on ne peut pas trouver du travail avec? Alors je me suis lancée à la recherche de stages rémunérés ou bien d’un boulot carrément. Et j’ai trouvé! Seul hic: il me fallait une convention de stage parce qu’il faut être 3 minimum dans l’aventure – question de sécurité y paraît. La mission locale ne proposait finalement qu’un mois de stage conventionné.

Je me suis dit pourquoi pas, essayons. En fait, je voulais TOUT sauf me retrouver à la maison car j’y ai la vague impression de…végéter. Manger, dormir, s’oublier en regardant -pour le commun des mortels, la TV- que je ne regarde pas, alors pour moi c’est les séries.

J’ai trouvé, une semaine plus tard, un job de journaliste. Carrément. Hé oui, la fille ne trouve pas d’alternance, mais elle trouve un poste de journaliste web. Entretien impec’, patron adorable mais encore un hic : cela ne me correspond pas. On me demandait de produire une dizaine d’articles par jour portant sur la téléréalité.

J’ai voulu dire oui, j’ai réfléchi et puis finalement j’ai dit non. Alors ensuite on arrive à la mi-décembre et puis je me dis : tiens et si j’apprenais le russe, le turc ou l’hébreu pardi ?

Encore un flop: toutes les inscriptions au cours de langues étaient dépassées, même pour les formations courtes. Alors encore des jours de vague à l’âme et sourire : et si j’en profitais pour écrire enfin tous les articles que je veux ! Youpee c’est la fête. Et non, encore re-flop : ça ne me suffit pas.

La blogo est un complément alimentaire à mon bonheur et non pas la composante principale, si je ne vis rien, je ne pourrais plus rien écrire. Et encore la question de 0h30 et celle qui me donne envie de me rendormir à 7h le matin : que vais-je faire de ma vie? Genre, Vraiment ?

Me rendre utile, blabla, vous connaissez la chanson. Mais je ne parle pas de cela, je veux dire niveau professionnel. Pourquoi parce que vous croyez que de toute manière en jeune franco-algérienne, je vais rester me faire belle chez moi, apprendre la cuisine et devenir une pro du ménage -je suis déjà une pro du ménage- et attendre avec patience et élégance que quelqu’un s’intéresse à moi pour finir casée et entretenue? Rires. Non merci.

Je parlerai du mariage et de tout ce capharnaüm une prochaine fois, mais pour l’heure, j’ai ma vie à construire mais avant de construire quelque chose, à défaut d’avoir un plan, il faut une orientation, une direction. Car si l’on ne sait même pas ce que l’on veut construire, les fondations à la base seront déjà ruinées avant même d’avoir été bâties.

De fait, j’ai fait avec beaucoup de plaisir, une liste de toutes les choses que je voulais absolument dans mes études ainsi que les attentes réalistes pour mon futur métier. Je voulais absolument garder le chinois of course, j’ai pas galéré 3 ans juste pour avoir la classe- oh ça y est, je prends la grosse tête, mais non mais non- Ensuite je voulais quelque chose qui traite avec les asiatiques au sens large, que cela soit solide en culture générale, intellectuellement riche, polyvalent, avec l’aspect du dialogue/négociation/communication. En bonus, si je peux utiliser l’écriture, c’est génial.

Après maintes recherches j’ai trouvé plusieurs options pour l’an prochain, un master à l’IEP Sce Po Lyon spécialisé en Affaires Asiatiques et un autre master à la fac de com’ de Lyon 2 en Journalisme.

C’est comme cela que je me retrouve avec plusieurs objectifs en route, un plein de motivation mais aussi une grande solitude. Ces concours à préparer, le permis, le HSK 5 (équivalent du Toefl mais pour le mandarin, le plus haut niveau étant le 6, j’aimerai tellement valider le 5 qui correspond à un niveau B2 en chinois 🙂 Sans compter l’aide aux proches parce qu’il faut bien participer à la maison, on est pas à l’hôtel-je parle de mon grand Ami, le Ménage. #Ironie.

Sans compter quelques projets littéraires par-ci-par-là. Tout cela est beau, c’est bien, ça me correspond, je suis motivée, mais ça n’est pas facile. Pas aisé de s’auto-motiver chaque matin pour s’organiser, être à jour sur tous les plans, chaque jour, aller à la BU, seule et bosser.

La solitude en soi ne m’a jamais posé problème, je deviens irritable d’ailleurs quand on s’approche trop près et tout le monde n’est pas accepté dans mon monde. Et pourtant, je me sens seule. J’ai une famille géniale, deux meilleures amies très présentes mais cette solitude me colle à la peau. Et qu’on ne vienne pas me parler d’amour ou de me trouver quelqu’un, cela ne m’intéresse pas, j’ai déjà trop à faire avec mon esprit embrumé et mes pseudo-soucis existentialistes. Merci.

Par contre, je crois que cela s’explique par le besoin d’appartenir à un groupe. J’ai toujours été en classe, à l’école, au collège, au lycée, à la fac. Et même lors de mes stages, j’étais entourée de l’équipe en entreprise.

Et là, voilà, vide abyssal. Cela ne fait que confirmer ce que mon année en Chine m’a appris, entre autre chose : peu importe combien ou comment on peut être soutenu mais on ne peut compter que sur soi-même.

Si je rate mes concours parce que j’aurai été trop fainéante pour m’organiser au mieux, ça sera de ma faute et celle de personne d’autre.

Alors voilà, c’est dur tout ça. Je n’ai plus peur, ça avance, mais tout de même, il faut être fort pour avancer seul surtout quand on ne sait pas trop où ça va mener. Alors je me rassure moi-même en me disant que ça ira et que finalement mon année d’endurance en Chine m’aura aussi servi de préparation pour gérer cette situation.

Etrangement, je gérais beaucoup mieux ma vie à l’étranger, qu’ici. Il y a une certaine langueur, un certain malaise je trouve, une ambiance à la française, fade, fadaises ou hypothétique ? Je ne sais pas.

En tout cas à moi de me secouer pour redoubler d’efforts. Personne ne le fera à ma place. De toute façon je me suis déjà trop engagée auprès de moi-même, c’est pas maintenant que je vais tout lâcher. Et puis même si je le voulais… Je ne pourrais pas : c’est contre ma nature. Et vous quels sont vos combats de chaque jour? Avez-vous déjà traversé une certaine période d’instabilité comme cela ?  Amicalement, et toute la réussite pour vos objectifs de 2017! Je ne peux vous offrir que mes meilleurs vœux 🙂 Belle soirée !

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