La Belle Epoque des Repoussoirs : quand être laide était rentable !


Titre: Belle Epoque                Auteur: Elizabeth Ross                        Genre: Romance Historique

belle-epoque-couverture

Résumé

Maude fuit sa Bretagne pluvieuse et part à l’aventure à Paris. Mais Paris en 1889 ne répond pas vraiment à ses attentes. Seule, elle enchaîne les petits boulots, de blanchisseuse en passant par serveuse. Rien ne lui réussit, elle est seule et ne connaît personne. Jusqu’au jour où on la remarque enfin, pour lui proposer une loge à l’agence Durandeau. Etrange idée que cette agence qui engage des jeunes filles « laides » pour servir de faire-valoir aux demoiselles de la haute. « Mais à Paris, tout se vend » Roman inspiré de faits réels relatés par Emile Zola dans l’une de ses nouvelles, peu connue à ce jour : les Repoussoirs. Je vous conseille de la lire d’ailleurs!

Anecdote perso : J’avais besoin de me distraire pour mon voyage l’an passé et je l’ai acheté car la magnifique couverture me faisait de l’œil. Pourquoi on ne porte plus de robes comme ça de nos jours. Quel gâchis !

Les +: Livre très facile à lire et dont l’histoire nous entraîne dès les premières pages. Et avec presque 400 pages, il faut dire qu’on se régale bien. Une vraie petite gâterie ! Surtout avec le personnage de Maude qui est bien culottée pour l’époque. #EspritCombattif #Warrior

Les -: Livre très léger pour un public plutôt adolescent à mon avis.

Réflexions

Bon roman, divertissant et drôle. De la romance plutôt réaliste mais surtout un décor sublime décrivant le Paris de la Belle Epoque marquant l’apogée de la prospérité française avec ses bals, ses banquets, l’Opéra, les robes en taffetas, les manoirs mais aussi les repoussoirs, les bonnes femmes de ménage et les cuisinières.

Ce roman même s’il paraît léger dans sa forme, fait réfléchir sur le fond sur la condition des femmes. A cette époque on louait des jeunes filles réputées « laides » pour servir de faire-valoir aux Dames de la haute-société. Ainsi, une Dame loue une fille pour toute une période, elle prend soin de l’entretenir et cette jeune fille a pour mission de la suivre partout où elle va. Le but est d’être vue en sa compagnie en société. Les jolies filles faisaient légion, il fallait donc trouver un stratagème astucieux pour trouver un prétendant et paraître plus chic qu’on ne l’est en réalité, grâce à la présence d’une fille de compagnie moins jolie.

Le concept en soi n’est pas si stupide, imaginez bien, vous êtes au marché et vous voulez acheter des fraises ou des pêches, ou encore votre fruit préféré. Et si vous voyez une pêche moins mûre que l’autre sur l’étalage, vous prendrez sans doute celle d’à côté car en comparaison, l’autre paraîtra plus juteuse. C’est à partir de ce concept que l’on peut comprendre la création du statut de repoussoir.

Ainsi on peut se demander aussi : comment se fait-il que l’on puisse acheter la laideur des femmes ? Louer une geisha ou une catin est déjà en soi quelque chose humainement très dégradant alors comment imaginer se faire de l’argent sur la laideur de quelqu’un ? Et puis d’ailleurs selon quels critères jugeait-on une fille laide ou jolie? Enfin, une question qui suscite encore plus d’intérêt : comment des filles peuvent accepter de monnayer leur soit-disant laideur ? Question d’amour propre, d’égo, de respect et d’estime de soi…

Finalement peu importe les époques, le diktat de la beauté fait toujours fureur quand on voit toutes les pubs qui nous assaillent à longueur de journée et les critères de beauté de plus en plus incongrus. Par exemple, une marque qui récemment a décrété ne plus fournir plus de 40 car sinon on rentrerait dans les « grandes tailles » Euh pardon, depuis quand les autres décident pour nous ce qui est beau ? Si j’ai envie de m’habiller avec du 56 merci de me laisser l’opportunité de le faire. Non mais.

A mon avis et cela rejoint le point de vue de l’auteur, la vraie beauté est celle de l’âme. On peut rencontrer des gens hyper sexy mais vides à l’intérieur. Et à l’inverse, des personnes au physique tout à fait banal mais à la façon d’être si touchante qu’ils en deviennent charismatiques. La beauté c’est subjectif alors qui est vraiment en mesure de juger de la beauté de quelqu’un ? Personne. Et puis la beauté ça s’alimente et ça se crée, parce que bon, les gens beaux juste via le critère physique, ça en devient un peu fade à la longue. Alors un conseil : ne cherchez pas quelqu’un à tomber mais plutôt quelqu’un de vrai. Parce qu’à 40 ans, quand les rides auront pris d’assaut le corps de votre partenaire, son âme, elle, sera toujours là. #SociétéDesApparences  #CulteDeLaBoté

Quelques citations

  • « Peut-être que les gens sont beaux dépendamment de leur besoin à l’être? »
  • « Notre rôle n’est pas celui de confidente, mais celui d’ornement. »
  • « Les parvenus. voilà le problème. Ils ont de l’argent plein les poches, mais pas la classe qui devrait aller avec – tous les attributs de la haute, l’âme en moins. »
  • « – On est pareilles nous deux, on est deux pêches pas très appétissantes. -Peut-être que je suis une pêche pas encore mûre, voilà tout. »
  • « Ce sont tous des amis de votre famille ? – Des amis ? Dans notre monde, l’amitié n’existe pas, il n’y a que des alliances de circonstance. »
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