Aspirée #Récit Fictif


#Âmes sensibles s’abstenir. Ceci n’est pas une blague 🙂

Avant, j’étais enchaînée à mes propres démons. Personne ne m’y avait forcée pourtant. Ils se sont juste englués en épousant toutes les formes de mon corps tel un vêtement visqueux. Horrifiant et écœurant. Je finis par m’y habituer et cohabiter avec eux. En espérant secrètement que je ne m’en séparerait pas de sitôt parce que j’avais peur du changement. Alors je vivais, comme tout le monde et j’étais rassurée par la sécurité éphémère que me procurait ce cocon destructeur. 

Mains et pieds liés par les lianes du passé, bridés par mon manque de liberté, elles entravèrent chacun de mes mouvements. Toute volonté d’évoluer sur ce terrain poisseux me fut alors ôtée. J’en profitais alors pour me réfugier en tentant d’exceller, sur tous les autres plans. Mais la vie aux alentours ainsi que l’évolution nécessaire de tout mon être, ne faisaient que me rappeler ce terrain inexploré au goût d’inachevé, bâclé et souillé. 

Au cours de mon voyage, alors que je me croyais en sécurité, je vis une lueur au loin, m’appeler. Armée de mon égo pétillant. Je comparais mes échecs et mes défaites, après tout, j’avais déjà survécu à plusieurs autres conquêtes. Alors pourquoi ne pas aller explorer la source de cette lumière incandescente?

Je m’y approchait donc lentement. Et à mon insu, la matière visqueuse qui avait recouvert chaque parcelle de mon corps jusqu’alors, se mit à se dissoudre en rongeant tout mon être, comme de l’acide en ébullition. Je ne me rendais pas compte de grand chose en me disant que c’était là, la simple marque d’un changement majeur de l’intérieur, mais mineur de l’extérieur, sans conséquences. 

C’est là qu’une fois de plus, j’aurai dû me méfier et vérifier que mes lunettes étaient bien ajustées. Mais éblouie par cette source de lumière nouvelle, je m’y rapprochait de plus en plus, malgré moi. Et la matière poisseuse me prit aux tripes, me donnant constamment envie de vomir la bile que je n’avais pas et tout le mal-être que je ne comprenais pas. Mon corps fut emporté pendant ce qui me sembla des siècles par une langoureuse valse spasmodique. Tout le mal engrangé depuis, ne se contenta pas seulement de suinter comme de l’huile en se diluant sur mon corps éreinté, traçant les sillons d’un soulagement inexplicable. Ah non, cela aurait été trop facile.

A mesure que j’étais noyée par cette lumière, une souffrance sans nom imprégna chaque parcelle de mon être. Mon âme, mon coeur, mon corps, tout fut ravagé puis désarticulé. Chaque cellule devint liquéfiée par la douleur. Et avec la gélatine pestilentielle qui se détachait de moi, je ne faisais pas que perdre mes lianes, mais aussi tout ce qui pendant longtemps, avait alimenté la partie la plus sombre de ma personnalité. 

La renaissance n’était pas que psychologique et émotionnelle, mais également physique et spirituelle. Elle commença, à mon insu, à prendre de l’ampleur. Et à mesure que mes lianes se détachèrent, j’y laissais avec, tous mes repères. Et tout autant de lambeaux de chair, de litres de sang et de cellules trop longtemps mutilées. La transformation prit du temps. Un temps fou. Et tout au long du processus je me raccrochait à cette lumière qui me servait d’anesthésiant afin d’encaisser et d’accepter ce don magique inattendu.

Mon corps mit à nu, dépourvu du cocon que j’avais mis des siècles à construire, tout autant salvateur l’illusoire, fut écorché à vif. J’étais alors à terre, avachie, vidée mais comblée. Changée mais améliorée. Dépassée et esseulée. Transformée et ravagée. Fatiguée mais satisfaite. Puis débuta la recrudescence sur Terre et le retour à un semblant de normalité. La lumière s’éloigna, pourtant je réussis encore à en apercevoir quelques étincelles de temps à autre. Comme pour me rappeler que ce que j’avais vécu au niveau énergétique, n’était pas irréel, bien que virtuel.

Suite à cet épisode périlleux et dangereux au cours duquel j’aurai pu finir brûlée.Je me mis à revivre comme jamais, mais sens étaient aiguisés, mon esprit en alerte et mon âme apaisée. Tout en mon être fut agencé, naturellement. Même s’il m’arrivait souvent pendant les premiers mois d’adaptation de vouloir me faire du mal jusqu’au sang, comme avant. De vouloir tester les limites de ma résistance face à la douleur.

Enfin, j’avais la certitude d’avoir atteint un point de non retour. Et que quel que soit le mal qui me rongerait à présent, je sais que ma partie sombre ne prendrait plus jamais le dessus, je ne l’y autoriserait plus. Je ne ressentais plus le besoin de répondre à son appel. Et ma peau régénérée, trop douce pour pouvoir en supporter davantage, me rappela qu’il était temps de prendre soin de mon enveloppe charnelle, de l’accepter et de l’aimer. 

Le chemin sera long et j’aperçois toujours dans mes cauchemars, sur les rivages, cet acide qui me nargue en bouillonnant, sillonnant les fleuves de l’enfer et voulant me happer de ses sables mouvants. Mais je n’irai pas, je n’y sauterai pas et cela ne m’intéresse plus.

Il y a autre chose désormais, ce n’est plus ce cocon protecteur mortifère qui m’enveloppe. Maintenant, c’est une source d’énergie inépuisable et inconnue, qui me fait sentir complète, reliée au monde et à moi-même. C’est sans doute cette source de lumière-là, que les plus romantiques parmi vous nommeront « amour » Mais que ce mot me fait horreur ! Moi, je préfère parler de synergie. 

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