Rituel Initiatique (Partie 2) #Récit Fictif


(Partie 1) C’est peine perdue, rester calme alors que les ondes malsaines, nauséabondes, me noient. Je fais mon possible pourtant, et je cherche à déceler, un peu d’humanité chez eux, mais il n’y a plus rien. Ce ne sont que des robots sans retour, des automates sans détour.

Je reste debout, pieds nus sur les dalles noires glacées. On m’a emmenée dans cet endroit glauque et même si je pense comprendre pourquoi je suis ici, je n’ai pas envie d’en prendre pleinement conscience. Parce que prendre pleinement conscience de la situation pour une Empathique, revient à être submergée donc je me déconnecte peu à peu de mes émotions pour me préparer à leur faire face. Ces monstres sont comme des vampires psychiques, toxiques, ils aspirent toute votre force vitale, n’en font qu’une bouchée et partent en vous laissant dépouillés.

Heureusement pour moi, j’ai eu de bons mentors et un entraînement de taille, pour combattre. Et puis détrompez-vous, je ne parle pas ici de vampires pailletés à la Edward (aucun intérêt), ni même des figures charismatiques de Anne Rice. Mais j’espère pour vous que jamais vous ne les verrez, ces ordures.

« -Alors c’est quand qu’on fouette la gamine ? Faudra bien qu’elle se réveille pour qu’on commence le rituel. »

C’est la seule phrase que j’ai pu attraper au milieu de leurs murmures sifflotants. J’ai l’ouïe trop fine, comme si cela ne suffisait pas de « capter » les vibrations dégagées par les gens… Ils veulent me fouetter ? Je suis dans de beaux draps! Allez, ferme ton esprit à toute intrusion possible, relève ta tête et revêt ton masque impassible de reine des glaces. Comme le disait mon mentor « il faut s’attendre à tout dans la vie. Et parfois la meilleure défense, n’est pas forcément l’attaque. »

J’ouvre les yeux, scrute les six hommes qui m’entourent d’un regard froid, distant et dégagé. Même si en réalité, à l’intérieur, un froid sans nom paralyse mes entrailles, une tension circule en continu dans mon corps, comme de l’acide. Je sais qu’après avoir préparé mon psychique au combat, c’est la posture normale de mon organisme pour se défendre. Mais ça faisait tellement longtemps que je ne m’étais pas retrouvée sur le front. D’habitude je m’occupe de guérir les gens de leurs blessures psychiques grâce à mon pouvoir.

On en revient aux hommes d’ailleurs, leurs yeux sont injectés de sang, leur peau à la couleur du papier mâché et leurs dents jaunâtres, prévoient une haleine plus que pestilentielle. Je ne sais pas qui s’occupe de leur régénération cellulaire mais à mon avis, avoir des médecins et dentistes, ne leur ferait pas de mal.

Enfin, l’un d’eux s’approche : »alors ma jolie, bien dormi ? On t’a préparé un rituel d’enfer. »

 » – D’abord, je ne suis pas « ta jolie » et puis pourquoi suis-je ici? » Dis-je d’une voix ferme qui se voulait égale.

« – Oh on est sceptique ? Tu n’as pas besoin de savoir plus que tu ne le devrais, le maître t’expliquera lui-même. Si l’on admet que tu survives au rituel s’entend.

  • Bien sûr que je vais survivre.
  • C’est bien pour cela qu’on t’a choisi. Mais pour cette même raison, on a décidé d’un commun accord, de rendre les épreuves plus complexes. »

Il s’approcha lentement comme un serpent, et je devais me faire violence pour ne pas fuir. Cela aurait été vain avec mes pieds enchaînés et je me serais plus blessée qu’autre chose. Les souvenirs reviennent peu à peu par vagues. Je dois en plus de les analyser et ne pas me laisser manipuler par cette vermine, dompter les soubresauts logés dans mon ventre. Conséquence du pouvoir Empathique : les effets psychosomatiques au quotidien. Les souvenirs déferlent de manière fulgurante, comme des éclairs qui percent mon inconscient de force. L’expulsion du village, la lettre de demande à intégrer leurs rangs comme agent double, les menaces, les encouragements de mes mentors et puis enfin, la cavale, pendant plusieurs semaines pour les fuir.

Et me voilà ici, dans leur quartier à devoir survivre au rituel pour pouvoir accomplir la mission ultime : détruire ces enfoirés jusqu’au dernier. Mon regard qui était devenu flou sous l’assaut des souvenirs, se précise et je vois le monstre qui me scrute avec curiosité. « On va commencer par t’habiller convenablement, Darius, les ciseaux. »

Le plus petit des six frères démoniaques s’approcha, il était bien ridicule dans la cape noire qu’il portait : elle faisait deux fois sa taille. J’en conclu que c’était Darius. Première épreuve avec le petit moucheron de la bande ? Pas si dur que cela. Enfin, ne jamais sous-estimer l’ennemi, comme on me l’a déjà dit. Le premier monstre qui me scrutait empoigna ma chevelure de force et me fit agenouiller de force. La tête sur le côté, joue pressée sur les dalles noires, je vis l’ombre de mon reflet.

Je sentis les larmes me monter aux yeux, l’inconvénient des Empathiques, on ne ressent pas seulement les vibrations des autres de façon décuplée mais aussi ce qui se passe à l’intérieur de nous-même. Allez, tu te reprends, le rituel n’a même pas encore commencé, il fallait que j’encaisse tout, pour pouvoir après leur faire la misère et leur montrer qui sont les vrais Humains.

Darius me regarda et agita une paire de ciseaux énorme sous mon nez. « Dommage, une si belle couleur, Clic Clac. » Il était en train de me couper les cheveux! Mais sous la poigne trop imposante du premier frère, je ne pouvais rien faire. Si ce n’est lui rendre la tâche plus difficile en me démenant comme une diablesse.

« Va falloir te calmer, ça sera rapide, surtout si tu pas arrêtes de faire la fille compliquée. »

Compliquée ? Compliquée ! La bonne blague, ces ordures ont coupé toute ma belle tignasse auburn. Mes cheveux, j’y tiens. Indomptables comme moi. Ils me ressemblent. Enfin après la séance coiffure, ils voulaient faire quoi ? Me maquiller ? Me relooker pour mieux me reluquer après? Les salopards.

« Darius, Phase 2 maintenant ! »

Non plus agenouillée, ils m’avaient remise debout, sur ces dalles là toujours aussi noires. Darius revint, agita encore ces ciseaux dignes d’un instrument de torture près de ma poitrine pour entreprendre de déchirer avec une précision quasi-chirurgicale, le reste de mes vêtements souillés par la boue et mon long voyage.

C’est bien connu, mettre l’humain à bout, c’est d’abord le priver peu à peu de sa dignité. Je me retrouvais avec pour seul réconfort, une maigre chemise de lin rêche, qui ne couvrait rien et aurait pu éveiller leur imagination d’hommes. Mais heureusement pour moi, ces abominations monstrueuses, sont asexuées. Histoire de ne plus trimbaler les sentiments, stimulus et désirs encombrants. Ils pourront me torturer tout leur saoul, on n’abuseras jamais de moi sexuellement et puis avec mon esprit en forteresse, pas de manipulation mentale non plus. Je pense pouvoir m’en sortir. Pas indemne mais m’en sortir au moins. Enfin, j’espère.

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