Pékin me manque… Un peu #Spécial Chine


Rapport de fin de séjour, Pékin, Chine, 2015-2016

Dans le cadre de la licence en langues étrangères appliquées Anglais-Chinois, effectuée au sein de l’Université Lumière Lyon 2, j’ai eu l’opportunité de valider ma troisième année de licence en échange. L’échange a eu lieu au sein de la Beijing International Studies University. Ce rapport de fin de séjour tentera de présenter l’apport de ce voyage et de donner le maximum d’informations utiles aux futurs étudiants en départ pour l’étranger. Nous organiserons notre réflexion sur deux axes : tout d’abord, l’aspect pratique de la vie étudiante à Pékin au quotidien. Pour ensuite dresser un bilan plus global, autant sur l’aspect linguistique, culturel que personnel.

I-Vie pratique

Séjourner à la Beijing International Studies University (BISU) pendant un an, a été une expérience inoubliable. Le campus de cette université est relativement immense, comparé à nos universités à la française, mais il reste de petite taille si on le compare aux autres structures à Pékin. (Notamment, l’université de Communication, qui est située dans le même quartier, à 5 minutes à pied en passant par la porte sud.)

Loger dans ce campus était relativement confortable, les possibilités sont multiples. Vous avez le choix de prendre une chambre individuelle et de partager les sanitaires et la partie cuisine en collectif. Sinon, vous pouvez aussi opter, comme je l’ai fait, pour la collocation. Vous disposerez ainsi d’une partie sanitaire, d’une cuisine et de l’espace-vie qui fait aussi de chambre-salon. (espace partagé avec votre colocataire.)

Du point de vue de l’hygiène, il n’y a pas a se plaindre, et le personnel du dortoir est aux petits soins et toujours prêt à vous aider, pour peu que vous vous exprimez en chinois mandarin et pas en anglais.

Pour avoir accès au logement, il faut traverser le campus. A noter que les dortoirs pour étudiants étrangers, sont séparés des dortoirs pour les chinois. En effet, les conditions de vie ne sont pas les mêmes : sanitaires collectifs partagés, pas d’espace cuisine et la collocation à 5 ou 6 (voir plus) par chambre.

D’un point de vue sécurité, il n’y a pas mieux que la Chine ! De façon générale, des policiers et services de sécurité sont présents à chaque station de métro et devant chaque entrée d’espace public important. (Place Tiananmen, par exemple) Par ailleurs, sur les grands axes de métro, il y a une vérification constante des bagages, comme à l’aéroport. On vous demande même de boire l’eau qui se trouve dans votre sac pour éviter toute suspicion. Cela, c’est de la sécurité !J’en reviens au domaine du dortoir : la sécurité y est de mise. Avec un gardien/une personne assurée à la réception, de vérifier que tout se déroule bien.

Les équipes se relaient toute la journée et la nuit. Concernant les limites d’horaires d’entrée : il n’y en a pas. Vous pouvez rentrer au bercail à n’importe qu’elle heure mais sachez que dépassé minuit, la porte est cadenassée et si le surveillant s’est endormi, vous risquez d’attendre longtemps.

Le logement coûte 1000 euros par semestre, ce n’est pas donné, mais en sachant que vous êtes quand même à moins d’une heure du centre de Pékin en métro, cela se comprend. Pour les modalités de paiement, préférez l’espèce et il est préférable de retirer l’argent en liquide peu à peu surtout si vous avez un plafond. Vous n’avez pas vraiment de date limite pour régler, si ce n’est au moins 3 mois avant la fin du semestre. (du moment que vous donnez dès votre arrivée, votre caution de 500 yuans.)

Conseils au niveau des banques et concernant la gestion de l’argent : les chinois utilisent peu la carte bancaire donc il faut préférer retirer une somme par mois pour gérer ses billets. Pour ma part, je dépensai l’équivalent de 300-400 euros par mois comprenant : transports, nourriture, Wifi et sorties éventuelles.

Si on en revient à l’ambiance de la BISU, j’ai bien aimé les étudiants de ma promo et de façon générale, la gentillesse du personnel Ce que j’ai apprécié au dortoir, c’est que l’on était comme une petite famille. A la fin de l’année, tous les étudiants étrangers sont familiers entre eux. On partageait un petit salon qui faisait aussi office de salle de révision avant les examens. Mais aussi deux laveries, et une petite supérette. Bien pratique pour prendre son café en main avant d’aller en cours. Ce que j’ai apprécié aussi c’est la variété du personnel : un technicien, un spécialiste réseau et d’autres encore.

En évoquant l’internet d’ailleurs, l’accès n’est pas compris dans le prix donc il vous faudra acheter un petit modem pour avoir votre réseau personnel dans votre chambre. Vous en trouverez dans le kiosque de la faculté. L’installation du modem et son achat équivaut à peu près à 100 euros pour 6 mois. Si vous ne voulez pas installer de routeur, il y a aussi la possibilité de payer un abonnement Wifi spécifique à la BISU mais je doute de sa qualité étant donné que tout le monde l’utilise. (équivalent à 6 euros par mois.)

Mais on ne peut parler de Pékin sans parler de la santé et du système chinois assez… complexe. Personnellement, en France, j’ai toujours eu une bonne santé et je tombe malade rarement. Mais à Pékin, s’habituer au climat, au froid de l’hiver, à la sécheresse de l’été, ajoutez à cela la pollution qui ne facilite pas les choses. Niveau santé, plusieurs options : soit vous avez apporté des médicaments de France pour les maladies et soins basiques. (crème anti-moustiques n’oubliez pas!) Et donc il vous suffit de prendre quelques jours de repos après avoir prévenu et l’administration et les professeurs. Il vous faudra aller à l’hôpital de l’université où les médecins vous délivreront votre certificat médical.

L’hôpital universitaire possède aussi une pharmacie, bien pratique, en cas de pépin, les procédures sont assez simples à suivre : faire la queue, régler 5 yuans sous présentation de la carte étudiant, voir le médecin (qui vous examine rapidement en général) et puis acheter les médicaments sur place. Autre possibilité, si ce que vous avez est d’un degré plus grave comme une infection pulmonaire (ça m’est arrivé) alors je vous conseille d’aller dans une clinique pour étrangers. Ça coûte beaucoup plus cher que l’hôpital chinois classique mais c’est plus rentable niveau hygiène, service, efficacité des médicaments. En plus, les médecins chinois dans ces cas-là, ont souvent été formés à l’étranger et savent donc parler anglais.

Ce qui rend le contact beaucoup plus aisé, surtout quand on veut décrire ses symptômes. On ne peut pas parler de communication sans évoquer l’administration à la chinoise. Ce que j’ai énormément apprécié c’est l’efficacité du secrétariat et du département de langue chinois duquel on dépendait. Même si parfois il y avait des petits bémols, comme dans toute administration, celle de la BISU se montrait toujours utile et efficace. Je vous conseille d’ailleurs à ne pas hésiter à prendre le contact Wechat de vos professeurs et de l’administration. C’est très courant en Chine et puis ça permet en cas de pépin, d’avoir des réponses rapides dans des délais très courts.

En Chine, si vous échangez vos Wechat, c’est comme si en France, vous aviez l’habitude d’échanger votre numéro de téléphone. Les relations élèves-professeurs sont aussi beaucoup plus souples qu’en France. Le respect est toujours de mise bien sûr mais par exemple, dès la fin du premier mois de cours, on avait eu un déjeuner avec nos professeurs principaux respectifs.

Il est important de noter, si vous allez en Chine, que le système universitaire diffère de celui en France. Les absences et retards sont plus sanctionnés, les cours plus chargés et la méthode de travail rejoint celle de nos cours de grammaire que l’on avait à Lyon 2. La charge des cours dépend du niveau dans lequel vous êtes, libre à vous de choisir votre niveau ou un peu plus haut pour progresser en mandarin ou bien de rester sur un niveau basique si vous préférez voyager un peu plus.

Pour les voyages, il vous faudra faire une dispense autorisée, surtout si votre famille vient vous rendre visite par exemple. On a le droit à une semaine de dispense complète par semestre. Sinon il vous faudra voyager les week-end ou durant les deux mois de vacances d’hiver de Janvier à début Mars. Les vacances sont longues car on enchaîne les semestres chinois sans pause, sauf le week-end. Il y a bien une semaine en Octobre pour le MoonCake Festival sinon vous aurez deux, trois jours fériés en Avril-Mai, mais pas plus.

Avant de partir, il faut donc bien se préparer à travailler et réviser car on nous demandait d’apprendre environ 100 nouveaux caractères par semaine donc inutile de préciser que la régularité au quotidien est de mise. Par ailleurs, en plus des 4 heures par jour de chinois le matin (8h’12h) vous avez l’opportunité de choisir des options en anglais. (Politique, civilisation, littérature)

Niveau examens, pour les cours de chinois il vous faudra bien réviser tous vos caractères et pour cela pas de meilleure méthode que de refaire les exercices faits en cours. Mis à part cela, en anglais, la majorité des professeurs ont exigé des résumés ou des dissertations/exposés à rendre en fin de semestre. Les examens de chinois ont lieu une fois en mi-semestre et une fois en fin de semestre. Pas de panique si les premiers ne sont pas satisfaisants, les examens décisifs sont ceux de fin de semestre et d’année.

Je n’ai pas effectué mon stage de licence en Chine mais en Angleterre, en ce sens je ne pourrais pas vous éclairer sur la question. En revanche, j’ai remarqué que trouver un petit travail en tant qu’étranger, c’est très facile. (Plus qu’en France ne tout cas.) En ce sens, j’ai été professeur particulier de français durant quelques mois pour un petit chinois-canadien de 7 ans. Que vous recherchiez un stage ou un petit job, il est important d’utiliser Wechat, publiez des annonces sur votre mur et sur des groupes spécialisés tels que ‘les francophones de Pékin’ par exemple.

Par ailleurs, ne sous-estimez pas le pouvoir des ‘guanxi’ 关系// les relations de vos amis peuvent vous être utile si vous avez les compétences requises, car bien sur, il ne s’agit pas là de corruption, mais d’opportunités à saisir. Enfin, n’hésitez pas à vous investir dans des associations franco-chinoises , c’est toujours rassurant de voir des français qui nous ressemblent en terre inconnue. En plus, c’est sympa pour sortir, prendre un verre et partager ses ressentis sur la Chine avec des jeunes diplômés installés là-bas ou bien des étudiants, comme vous. Je mentionnerais l’association zéro-distance qui organise des événements culturels franco-chinois à Pékin, pour réunir les français et les chinois françisants. Ainsi que le FrenchLab qui organise plus des meetings, conférences, séminaires pour les jeunes entrepreneurs français et étrangers à Pékin. Toujours intéressant pour prendre des contacts.

Je clos cette partie très descriptive en remerciant tous les acteurs qui ont permis ce voyage possible et réalisable pour moi. Et si vous êtes étudiant(e) et que vous partez bientôt, je vous conseille de vous lever tôt pour profiter pleinement de ce voyage unique riche en expériences et émotions !

  1. Bilans et suggestions

Je ne peux pas dresser un bilan, sans rappeler mes objectifs de ce voyage. Il a été réalisé dans le cadre de ma licence LEA et j’avais plusieurs attentes, même si, ne connaissant pas réalité du terrain, je restais réaliste.

  • Plan linguistique : Je voulais améliorer le chinois et atteindre un niveau acceptable qui me permette de communiquer avec les autres.

    Résultat : D’un niveau basique en chinois, car je n’en n’avais jamais fait avant ma licence, j’ai pu valider le HSK 4 et je prépare le 5 actuellement.

  • Plan culturel et compréhension de la Chine : Il serait prétentieux de penser pouvoir comprendre la culture chinoise après un an, mais je suis à même aujourd’hui de pouvoir appréhender le système politique chinois ainsi que la façon de penser à la chinoise.

  • Plan personnel : Je voulais vivre une année spéciale, riche en expériences et en émotions. Et je n’ai pas été déçue, j’ai fait pleins de rencontres intéressantes d’étudiants chinois, cubains, russes, américains… J’en ai retiré plus d’autonomie et une prise de conscience face à la gestion du temps et de sa propre vie. J’ai pu me prouver à moi-même que j’étais capable de réaliser quelque chose de conséquent où l’on se dépasse soi-même et on observe nos limites. De façon parallèle à une confiance en soi renouvelée, on peut dire que cette année m’a permis d’avancer sur le plan psychologique et de préciser mon orientation professionnelle.

    En partant en Chine, je savais qui j’étais, mais pas quelle direction donner à mon avenir professionnel,maintenant, je sais que mis à part les langues, j’ai une vraie passion pour communiquer avec autrui.

  • Principales difficultés rencontrées : Fatigue physique et morale dû au changement du mode de vie et à l’adaptation. Mais j’ai bien été soutenue par ma famille et mes proches, c’est la raison principale qui m’a permis de tenir le cap.

Par ailleurs, l’université Lyon 2, nous a épaulée quant à la partie administrative du voyage. Les professeurs nous ont plusieurs fois expliqués la réalité du terrain concernant la méthode de travail « à la chinoise » Il fallait donc s’attendre à tout. On a aussi eu l’occasion de prendre contact avec des étudiants chinois de Lyon 2 qui nous ont aidé à nous familiariser avec la culture chinoise avant de partir. C’est grâce à l’une de mes amies chinoises de Lyon que j’ai d’ailleurs pu rencontrer une amie géniale à Pékin qui est avocate (ancienne étudiante à la BISU également)

Si vous ne connaissez personne avant d’aller à votre université à l’étranger, ne vous en faites pas, le contact sera facile et les rencontres, belles et multiples ! Actuellement, il n’y a pas des amis chinois de la BISU en France mais c’est prévu qu’elles viennent en échange à Lyon 2 pour étudier le français dans quelques années.

Si je devais repartir à l’étranger, j’aurai plus profité avec ma famille et mes amis avant de partir. C’est bien quand on quitte ceux qu’on aime, qu’on se rend compte de leur valeur. Si je devais donner un conseil à ceux qui partent : préparez-vous mentalement pour vivre à fond une expérience très enrichissante même si parfois, la solitude se fera ressentir. Finalement, le voyage que vous souhaitez avoir, ne dépend que la vision que vous en avez avant de partir. Certes, il y aura des moments difficiles mais il faut partir, valise en main, passeport en poche, optimiste et motivé ! Une fois sur place, entourez-vous d’étudiants étrangers mais surtout asiatiques et chinois, qui seront un soutien et un tremplin non négligeable à votre intégration au pays.

Je n’ai pas de suggestions précises à proposer, pour moi, l’université d’accueil et celle d’arrivée, ainsi que la région, ont fait de leur mieux. A nous étudiants de réaliser nos rêves pour construire la vie que l’on veut avoir, que cela soit en France, en Chine ou ailleurs.

Mes remerciements sont adressés à la Région pour m’avoir accordé cette bourse,

A à ma famille qui a rendu ce séjour réalisable,

Et à mes proches et mes amis français, chinois, étrangers, pour leur soutien inconditionnel par delà les frontières.

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Une réflexion sur “Pékin me manque… Un peu #Spécial Chine

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