Le Château des Ames (Suite et fin) #Récit Fictif


Partie 5 ICI

« Le reflet que je contemple, est juste le mien. Ma robe tissée d’argent violine est toujours là, mon collier aussi, quoi que beaucoup plus sombre qu’avant. Mes lèvres sont plus rouges et mes cheveux plus désordonnés. Mon regard est plus ardent. 

La seule chose qui me prouve vraiment que ce que j’ai vécu était vrai, c’est une infime trace de canine sur ma jambe gauche. Une cicatrice de plus à porter … Le reste demeure flou et incertain. »

Je me retrouve pour la dernière fois au château,

Je sais que c’est la dernière fois car les contours sont devenus flous. Les bougies vacillent de plus en plus. Le grand tapis rouge qui longeait l’allée centrale et habillait les dalles, est usé. Je déambule à travers les couloirs, poussiéreux. 

Les portes sont toujours là, les mêmes closes, d’autres entrouvertes. 

Je sais que je n’ai pas les clés pour toutes les ouvrir, et que peut-être, je n’y aurai jamais accès. Peut-être que je n’aurai jamais les réponses aux questions que je me pose.

Peut-être que c’est mieux ainsi. Après tout l’espoir, ce n’est pas de croire que tout ira bien, mais que tout finira par enfin prendre tout son sens.*(Vaclav Havel)

Un vent cinglant commence à balayer la place. La voix masculine n’est plus là. Je sais maintenant que c’est ce qu’on appelle « la raison » ou « la voix de la sagesse » qui me soufflait quoi faire. Et dans ces cas-là je ne voulais en faire qu’à ma tête. Ego borné …

Je sais que je dois retourner sur Terre et que je n’ai plus le droit de revenir dans ce château. Cette chimère que j’ai construite de toutes pièces. Cette histoire sans fondements, cette issue sans fin, ce début sans commencement …

Je l’ai construit pour m’y réfugier, me construire et me forger, à l’abri, sur mon balcon. Mais il est temps pour moi de vivre vraiment.

Mon autre moi démoniaque avait raison, la destruction, est parfois, une bonne solution.

La seule solution.

Alors je sors de ce château, je l’observe une dernière fois. Comme si je voulais graver chaque pierre, chaque nom, chaque porte, dans ma mémoire.

Tout en sachant pertinemment que je ne pourrais pas l’oublier, car c’est moi qui l’est créée. Le château, est une partie de moi. il fait partie de moi.

Je continue à me diriger vers le grand portail, qui ne mène nulle part. Derrière moi, ma robe grise tissée de poussière de lune, traîne. Comme un caméléon, elle se fond dans le paysage.

Je lève les yeux au ciel pour observer l’horizon. Le ciel est gris lui aussi, comme avant une tempête. Une tempête mortelle. Les éclairs grondent au loin. Je me retourne pour contempler ce magnifique désastre. Mon château est en feu. Les flammes lèchent les parois et les dalles datant d’une autre époque.

Une époque révolue.

Je prends conscience, que les éclairs, ne viennent pas du ciel, mais de mes propres mains. Mes poings crispés véhiculent des vibrations électriques qui transmises par le sol, incendient le château. Mes cheveux sont naturellement électriques, je n’imagine même pas la tête que je dois avoir. Je ris à gorge déployée comme l’avait fait mon double auparavant.

Plus de noms, plus de portes, plus de clés, plus de miroirs,

Juste du feu, de la lumière,

Des éclairs,

La nature,

Les éléments,

Et moi.

My head is a jungle,

My head is a jungle …

Le château n’existe plus, le paysage est tout gris,

Il n’y a rien,

Plus rien.

Étrangement, c’est quand il ne reste plus rien que les vibrations me démangent le plus.

Mes mains sont encore en sang, il fallait s’y attendre. Alors, je prends un dernier risque,

Je laisse tout exploser.

…………………………………………………..

Et je me sens tomber, tomber,

De très très haut,

Je reviens de très loin,

De très loin, de trop loin,

Ma chute a été fatale.

Il n’y a pas eu d’ailes qui sont apparues d’un coup, pour me retenir et me permettre de voler,

De survoler la mer, l’océan, les contrées,

De contrer les marées,

Il n’y a eu personne pour me rattraper.

Car dans cette dimension qui m’appartient, j’étais seule.

A la merci de mon esprit.

Et je viens de me réveiller.

………………………………………..

J’ouvre les yeux, autour de moi, les personnes les plus importantes; Je suis habillée en blanc. Détrompez-vous, je ne suis pas un ange. Je ne suis pas au paradis. Je suis juste à l’hôpital.

On m’a informé que depuis l’âge de 14 ans, j’étais tombée dans un état second. Un sommeil prolongé en quelque sorte. Ce n’est pas un coma, ni rien de grave, juste une sorte de mise en veille établie par mon inconscient. Mon cerveau avait décidé de prendre congé. Au début, je vivais normalement avec quelques absences de temps à autre. Mais plus les années passèrent plus, mes périodes de « veille » étaient prolongées. Jusqu’à m’endormir complètement. 

A mon réveil, j’ai appris que je venais d’avoir 20 ans. 

Depuis, j’ai essayé de comprendre pourquoi je vivais dans un état second pendant tout ce temps. J’ai compris et je pense avoir réglé mon problème mais je ne vous en parlerais pas ici;

Ce sommeil prolongé ainsi que le réveil brutal qui s’en ait suivi m’a permis de réaliser que finalement, il n’y a pas besoin d’avoir peur, rien ne peut être insolvable. Et si ce n’est pas le cas, alors il faut avancer.

La vie est faite de ces petits moments partagés qui nous font ressentir que l’on vit.

Les vibrations sont toujours là, je les sens. Tout autour de moi. Chaque personne en dégage de particulières. Je me souviens aussi de quelques noms sur les portes du château, de mon château.

Il n’y a plus de balcon, mais j’avoue que parfois, je laisse mon esprit vagabonder dans cette sphère imaginaire qui m’appartient. Je m’imagine, voler avec ma robe grise tâchée de suie, au dessus d’une belle mer fougueuse, alors que le soleil se couche, que les loups-garous hurlent en répondant à l’appel de la nuit et que le ciel jaunâtre, illumine les eaux, en faisant miroiter, les multiples facettes du temps présent.    XXX                Xerya.

Radjaa

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