Le Château des Ames (Partie 5) #Récit fictif


Récit fictif qui me trotte dans l’esprit depuis quelques temps. A noter : dès les premières lignes, oubliez tout et entrez dans une nouvelle dimension. La seule chose qui définit mes personnages est le nom que je leur aurai attribué.On parle d’âmes donc pas de description physique à donner. Libre à vous d’imaginer ce que bon vous semble 🙂

Partie 4 extrait

« Dans mon effort pour me débattre, une goutte de sang gicle sur le miroir. Il se brouille encore et la lettre latine V se démarque de la pierre avec contraste Je sais ce qu’il faut faire maintenant. Cela m’écœure au plus haut point mais c’est la seule façon. Un haut-le-cœur démesuré fait trembler tout mon corps et elle le ressent. Mais, je dois jouer le jeu, sinon je vais finir je ne sais où, brûlée et consumée avec cette chose irrésistiblement malsaine. Elle est comme le filet du diable. Je sais ce qu’il me reste à faire. Une dernière folie, Une folie monumentale.J’arrête de me débattre. Elle a toujours son visage penché sur mon cou et les bras enroulés autour de moi, je la sens sur mes épaules et ma taille. J’ai juste envie de gerber, de vomir mes tripes et de cracher toute ma bile à cette insanité monstrueuse.

  • Tu comprends maintenant ? Dit-elle en se tordant de rire, un rire démoniaque, puissant.

Elle rit à gorge déployée, la tête penchée en arrière. Son corps est secoué de spasmes incontrôlables. Je la regarde dans les yeux, son regard est celui de tous mes cauchemars: noir, dénué de vie.

J’arrête de me débattre et je sais ce qu’il faut faire. Je déglutis avant de me lancer dans l’affreux carnage à venir. 

  • Oui je comprends ce que tu attends de moi.
  • Vraiment ?
  • Oui et je suis prête ! Je t’attends.
  • Serai-ce un piège jeune fille ? Sais-tu seulement à qui tu as à faire ? Dit-elle en me reprenant par la taille. Mon bras entier est en train de flamber. Oh mon dieu, respire. Reste Lucide. 
  • Oui je sais qui tu es et qu’il me reste à faire pour t’accompagner.
  • Non, tu ne sais pas qui je suis ! Elle me prend le bras et le tord d’un cou sec. ça fait un mal de chien ! 
  • Si je sais ! Tu es … Elle plaque sa main sur ma nuque en m’enlaçant. je dois parler au plus vite pour la convaincre sinon je sens que l’expression le-baiser-de-la-mort-qui-tue ne sera que doux euphémisme par rapport à ce que je vais subir. Sa voix est devenue rauque, elle reprend en jouant avec une mèche de mes cheveux :
  • Alors parles, douce et fragile petite chose. Dis moi, ce que tu vois, ce que je suis.
  • Tu es l’incarnation de mon contraire, de tout ce que j’ai rêvé être, mais que je ne suis pas. 
  • Bon début, et pourquoi acceptes-tu ma proposition de descente aux Enfers ? Parce que tu veux enfin devenir celle que tu veux être ?
  • Oui, je suis lassée de cette vie sur Terre, de tout ces sentiments. Je suis lessivée de l’indécision humaine. Tantôt la haine, tantôt l’amour. Pourquoi les humains ne détruisent-ils pas tout ce qu’ils chérissent pour enfin voir ce qu’il reste après ? Ce qui existe vraiment. J’ai soif de destruction. 
  • Tu mens, ton âme limpide brille de mille feux. Tu te sens désespérément responsable du sort du monde. Tu portes un fardeau qui n’est pas le tien mais qui te rend plus humaine que je ne le serai jamais. Tu m’écœures.
  • Si mon âme brille c’est parce que c’est le seul moyen pour moi de résister. De porter ce fardeau, ce fardeau qui n’est pas le mien et qui ne m’incombe pas. J’ai trop longtemps lutté et combattu contre ce que tu es. J’entendais ta voix m’appeler la nuit et me chuchoter des choses qui dépassent l’entendement, le jour. Le feu de mon âme est le même que celui qui consume mon bras maintenant.
  • Es-tu sûre que c’est le même feu qui brûle ? Elle me brise le bras carrément, et la progression du feu remonte jusqu’à mon épaule en rongeant le haut de ma robe. Si j’avais eu le temps de faire de l’humour, j’aurai dit que … ça sent le roussi 😛 Mais bon c’est un peu mon âme qui sont en jeu là donc. 
  • Non, ce n’est pas le même feu, le mien est trop pur, le tien est si ardent. La sérénité je n’en veux plus, je veux mener de vraies batailles sanglantes et vivre en toi, à travers toi. Etre ce que j’ai toujours voulu être, sans rien refouler. La Terre avec le temps et son espace sont limités. J’y ai tout fait, tout découvert. J’ai erré, j’ai aimé, j’ai espéré, j’ai appris, grandi et vécu. Que me reste-t-il maintenant ?

Dans ma tête, j’entends de nouveau la voix du sage : Ne te mens pas à toi-même. C’est pas faux, en me lançant dans ma tirade avec Elle, j’ai presque failli me laisser aller et y croire, cela serait si tentant. Moi ou l’art de me plonger dans mes mensonges chimériques pour me protéger. On devrait m’interner … On dit que la tentation porte souvent aspect féminin, c’est pas pour rien …

  • Peux-tu me prouver que ce que tu avances est vrai ? Dit-elle en me plaquant sur l’encadrement d’une porte, faisant face au miroir.
  • Oui, échangeons nos colliers.
  • Parfait. Et je ne te fais pas confiance, après j’aspirerai ton âme. Je n’ai plus la patience de jouer.

Elle me rappelle les succubes qui embrassent leurs victimes pour aspirer leurs âmes. Le saphisme … Très peu pour moi. D’un geste brusque elle tire sur la chaîne de mon collier et le brise. Evidemment, c’est la pierre qui l’intéresse. Elle le porte à son cou et l’image qu’elle renvoie est l’une des plus belles choses que j’ai jamais vu. Mais je sais aussi qu’elle hantera mes rêves bien après ce massacre. Son regard est devenu blanc, sa puissance est décuplée, son feu ardent n’est plus rouge, mais violet. La couleur de la torture et la violence. ça promets … Elle vole au dessus du sol et une lumière grisâtre émane de son cou, je dois me dépêcher. 

Ma main qui est restée bloquée sur sa pierre jusque là, se détache lentement, c’est maintenant ou jamais.

Je suis toujours paralysée et elle se rapproche en me disant : Goûte bien en succombant à la mort. Tu diras aux autres mortels, qu’elle saveur cela a, petite vermine. Je suis plus rapide qu’elle, je mors sa lèvre inférieure jusqu’au sang et je le lui crache à la figure : Vade 

Son feu tressaute, il avait presque atteint ma gorge mais il retombe lentement.

Ses yeux se révulsent : « Traîtresse ! Mais tes pouvoirs sont miens, tu n’as plus ta pierre jeune écervelée. Je te préparais une agonie douce et langoureuse mais pour la peine, tu mérites seulement que … »

Trêve de blabla, un poignard apparaît dans ma main, un objet très fin en argent, très raffiné. Je vous l’aurai décrit avec plus de précision si j’avais eu le temps de le contempler …  Sans transition, je me poignarde le haut de la cuisse. « Que fais-tu sombre ignorante ? »

« Je te facilites la tâche; viens t’abreuver, cela sera tellement plus facile. Et avant de descendre aux Enfers, j’ai besoin de me purger, de tester ma capacité à résister à la douleur, à la souffrance … Je ne suis pas sûre d’être à la hauteur. Poignarder l’autre jambe, respirer. Profondément. La douleur, c’est dans la tête, tu iras bien. Accroches-toi. Tu n’as pas le choix. Tu vois. Je ne suis pas si faible que cela. » Elle m’observe avec gourmandise et dans ce désastre, elle vient, comme je le voulais. Je baigne dans mon sang, cette fois, ce n’est pas le sien. Les entailles que j’ai faites, sont peu profondes, mais j’ai suffisamment accusé le coup pour créer une hémorragie. Et le sang ne s’arrête plus. Elle me regarde d’un air compatissant. « Tu me surprends. »

Je savais qu’elle ne résisterait pas à l’appel de mon sang, tout comme je n’ai pas pu résister à l’attraction malsaine qui nous lie depuis le début de son apparition. Elle lèche ma blessure. Je prends les miettes de courage qu’il me reste, je baisse mon visage à sa hauteur. Elle me regarde avec affection et plus rapide que l’éclair, je ne sais même pas comment j’ai pu faire ça. L’adrénaline sans doute. Je plaque mes mains sur sa mâchoire et tiens ton visage en coupole près du mien, je lui chuchote, Retro

Elle comprend.

Il est trop tard.

Trop tard pour nous deux, elle aura laissé ses marques sur moi.

Et j’aurai détruit une partie de moi, dans l’univers, qui aurait pu prendre vie.

Je lui ai craqué la nuque en criant Satana.

Son visage aux orbites vides me regarde encore, un sourire tordu à la joker rend son expression encore plus folle. Il n’y a plus de feu, le carnage est fini, ma robe est ruinée.

Le miroir se rebrouille. Elle disparaît comme de la poussière dans un cri d’effroi qui me glace encore le sang.

Je me réveille sur les dalles du château. Les bougies, le tapis rouge, les portes, sont toujours là.

Du sang, du feu et des traces de mon combat, il ne reste plus rien.

Comme si bataille, jamais il n’y avait eu.

Je me rapproche du miroir. Il ne se brouille plus et je sais qu’il ne le fera plus jamais.

Le reflet que je contemple, est juste le mien. Ma robe tissée d’argent violine est toujours là, mon collier aussi, quoi que beaucoup plus sombre qu’avant. Mes lèvres sont plus rouges aussi et mes cheveux plus désordonnés. Mon regard est plus ardent. 

La seule chose qui me prouve vraiment que ce que j’ai vécu était vrai, c’est une infime trace de canine sur ma jambe gauche. 

Une cicatrice de plus à porter …

Le reste demeure flou et incertain.

A suivre

Qu’en pensez-vous ? Les dialogues sont compréhensibles entre mes italiques et parenthèses …? J’espère que le récit ne vous paraît pas trop sombre. C’est sans doute la chose la plus violente que j’ai écrite … Alors qu’en pensez-vous ? Les explications et un texte un peu plus joyeux ainsi que la fin proche du récit au menu pour la partie 6 🙂 

Radjaa

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