Le Château des âmes (Partie 4) #Récit Fictif


Récit fictif qui me trotte dans l’esprit depuis quelques temps. A noter : dès les premières lignes, oubliez tout et entrez dans une nouvelle dimension. La seule chose qui définit mes personnages est le nom que je leur aurai attribué.On parle d’âmes donc pas de description physique à donner. Libre à vous d’imaginer ce que bon vous semble 🙂

Partie 3 Ici

« Elle ne pleure plus mais son sourire est carnassier. Elle veut prendre sa revanche sur le monde qui a meurtri son âme d’enfant. Je me souviens du passé. Il refait surface, lentement. Invariablement, je me trouve reliée aux émotions d’antan. Ce passé douloureux, qui est le mien et m’appartient. Je remarque que les poignets de la fille sont tailladés en forme de chaînes, comme des plus l’infini entrelacés dans le sang. Encore et toujours ces chaînes. J’observe mes poignets avec horreur, et je remarque, les mêmes traces.  Les cicatrices du passé sont toujours là. L’adolescente me rend un dernier sourire. Et je constate avec effroi que ses lèvres son peignées de sang. Ce n’était pas du rouge à lèvres cerise … Ses poignets saignent et elle s’abreuve de sa propre douleur. »

Elle s’en abreuve, avec délectation et plaisir.

Qu’est-elle ? Qui est-elle ?

Elle me regarde d’un air malicieux et je lis sur ses lèvres : « je suis toi. »

J’avais oublié … Avec le temps, on oublie les masques passés que l’on a porté.

On ne se transforme pas du tout au tout. Notre âme est toujours la même. La seule chose qui change, c’est notre façon de voir le monde, de réagir en interaction avec lui. Notre âme, dans l’absolu, ne change pas. Mais la lumière qui l’éclaire, peut, tantôt faire ressortir le meilleur, comme le pire de ce qu’il y a en chacun de nous …

Le miroir se brouille encore et ce que je vois maintenant, me stupéfie.

La forme qui me ressemble, sort du miroir. Ses cheveux voltigeant autour d’elle n’ont jamais été aussi beaux. Un roux virulent, insolent, indolent. La robe de cette apparition, me surprend. Elle est vêtue d’une robe rouge sang. Un col en v et fendue sur le côté. Elle porte le même collier d’améthyste que moi, seule différence : son améthyste est beaucoup plus sombre. Ses ongles sont teintés de noir. Alors que je ne porte jamais de vernis noir.

La forme se rapproche de moi lentement. Elle me ressemble en apparence, mais je sens et je sais que ce n’est pas une représentation de moi, ni venant du passé, ni du futur.

Elle est beaucoup trop sombre pour être moi. Elle n’a aucun fil qui pend à ses lèvres, son regard est langoureux et ses gestes charmeurs. Elle se rapproche de plus en plus de moi, son regard est sombre et ses pupilles sont dilatées. Ses lèvres baignent dans le sang aussi et ses poignets sont aussi meurtris, par les mêmes blessures que les miennes.

Elle se rapproche encore, je ne sais pas si on peut être encore plus proche de quelqu’un, qu’elle ne l’est. D’ailleurs. Cela me met très mal à l’aise. Je suis paralysée de peur, mais il y a autre chose aussi. Mon ventre se tort, juste là. Elle me fixe en gardant la tête penchée sur le côté. Comme si elle observait sa proie, toute adorable. Avant qu’elle ne se fasse manger tout cru.

Muée d’un geste qui peut s’apprêter au courage, ou à la folie du sespoir. Je tends la main vers son cou laiteux. Pétrifiée. Je retiens entre mes doigts, la fine chaîne qui chemine jusqu’au creux de sa gorge. Et la pierre sombre d’améthyste irradie de plus belle. Ce qui est étrange, c’est qu’elle a fait le même geste, au même moment. Son collier comme le mien, pulsent à l’unisson. Le sien devient plus clair alors que le mien s’assombrit.

Je penche la tête consciemment sur le côté droit.

Elle en fait de même en gardant sa tête penchée sur le côté gauche.

Je souris et elle me renvoie mon sourire, le sien est encore plus sardonique. Elle tend sa bouche vers mon oreille et sa chevelure se déverse sur mon épaule, en me chatouillant. Ce n’est pas désagréable au contraire … Mhhh … Envoûtant ? Je ferme les yeux pour me focaliser sur son odeur… Elle me rappelle quelque chose que j’ai déjà senti. Une chose acide, boisée et fruitée ? Je ne sais pas …

Elle me murmure au creux de l’oreille sur le ton de la confidence : « Tu es faible. »

Elle enroule ses bras autour de mes épaules et continue sa litanie, voluptueuse. 

Non seulement, je suis toujours paralysée, j’ai mal au ventre, mais en plus, sa présence provocante, m’enlace. Je suis comme cernée de toute part. Elle me berce en me caressant les cheveux en poursuivant : « Si seulement tu m’écoutais. Si seulement tu détruisais tout, une bonne fois pour toutes. »

Elle continue comme si je lui refusais quelque chose, alors qu’elle ne m’a rien demandé. Son étreinte est violente, je veux partir et m’en détacher mais ma main qui retient toujours son pendentif, devient brûlante au fur et à mesure qu’elle me berce. Je sens autre chose de très irritant aussi.

Quelque chose trempe ma robe améthyste tissée d’argent. Je ne sais pas d’où cela vient. Alors j’entreprends de me rapprocher davantage pour comprendre avec horreur ce que mon intuition me chuchote depuis le début. Je passe ma main sur ses épaules pour descendre plus bas, vers ses bras, ses mains. Et je comprends.

Avec Effroi et Horreur, 

Ma main brûle toujours, mais l’autre est teintée de sang. Je cligne des yeux. Je veux retourner sur Terre mais je ne peux pas. Je dois d’abord me débarrasser de cette version névrosée de mon moi qui me fait face. Comme si j’avais besoin d’une dernière preuve, je lui caresse le dos, une dernière fois. Et le sang poisseux, nous inonde de plus belle.

J’ai envie de vomir. Elle me murmure « Je sais que tu es fascinée, n’ai pas peur de ce qui te dépasse. Viens avec moi, je pourrai te montrer des choses, des mondes, dont tu n’as même pas idée. Tu serais si libre, tu serais enfin tranquille.Tu seras enfin toi. » 

Sa voix est devenue sifflante En me disant cela, elle se penche sur mon cou et je sais qu’elle veut me mordre. Ses yeux sont noirs, il n’ y a plus aucune chaleur en elle, juste une rage indescriptible. La brûlure de ma main, remonte à mon avant bras, lentement, comme un serpent qui s’y enroule, lascivement. Je me débat de son étreinte avec hardiesse mais pour des raisons qui m’échappent, je peux la sentir et la toucher, alors que l’appui du sol m’est incertain. Et triste constat, elle semble être plus forte que moi. 

Dans mon effort pour me débattre, une goutte de sang gicle sur le miroir. Il se brouille encore et la lettre latine V se démarque de la pierre avec contraste Je sais ce qu’il faut faire maintenant.

Cela m’écœure au plus haut point mais c’est la seule façon. Un haut-le-coeur démesuré fait trembler tout mon corps et elle le ressent. Mais, je dois jouer le jeu, sinon je vais finir je ne sais où, brûlée et consumée avec cette chose irrésistiblement malsaine. Je sais ce qu’il me reste à faire. 

Une dernière folie,

Une folie monumentale. 

J’arrête de me débattre. Elle a toujours son visage penché sur mon cou et les bras enroulés autour de moi, je la sens sur mes épaules et ma taille. J’ai juste envie de gerber, de vomir mes tripes et de cracher toute ma bile à cette insanité monstrueuse.

  • Tu comprends maintenant ? Dit-elle en se tordant de rire, un rire démoniaque, puissant.

A suivre …

Radjaa

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4 réflexions sur “Le Château des âmes (Partie 4) #Récit Fictif

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