Le château des âmes (Partie 3) #Récit Fictif


Récit fictif qui me trotte dans l’esprit depuis quelques temps. A noter : dès les premières lignes, oubliez tout et entrez dans une nouvelle dimension. La seule chose qui définit mes personnages est le nom que je leur aurai attribué.On parle d’âmes donc pas de description physique à donner. Libre à vous d’imaginer ce que bon vous semble 🙂

Partie 2 ici

  • « Et toi sait-tu seulement qui tu es ? As-tu un nom ? »
  • « Dialogue absurde … Vide de sens … Je repars là où tout semble plus rationnel. Je n’ai pas la force de poursuivre aujourd’hui. Laissez-moi à ma torpeur savoureuse. Mon prénom est Xerya. »

Cette situation me dérange, je sens bien qu’il y a quelque chose qui m’appelle.

Comme une force inconnue, qui m’aspire, qui m’interpelle …

Je retrouve cet espace qui m’appartient mais que je partage sans savoir pourquoi, ni comment, avec cette fameuse voix.

Rien ne change, pourtant cela fait longtemps que je ne suis pas revenue au château : les mêmes portes, les mêmes bougies, les mêmes noms. Les mêmes portes closes. 

Aujourd’hui, je suis vêtue d’une robe tissée d’améthyste aux reflets argentés. Mes cheveux sont retenus en un chignon déconstruit par une pince en forme de papillon.

Je marche pieds nus, même si je ne sens toujours pas le sol … Et je décide enfin d’aller à la rencontre des mondes qui siègent à travers les portes. Je place la main sur la première poignée, mais rien ne bouge. J’essaie sur une autre porte et le même phénomène se reproduit.

Serais-je piégée dans mon propre univers ?

La voix revient … Insolente « Tu es dans un autre paradigme, je te l’ai déjà dit. Observe avec le coeur. »

Observer avec le coeur, mais oui bien sûr, c’est facile d’observer avec son coeur, surtout quand il n’y a personne à observer. Je vais faire quoi ? Me contempler moi-même tiens ? Ben voyons ! Ironie … 

« Exactement. Pour pouvoir avoir accès aux autres portes, tu dois d’abord être sûre d’être suffisamment forte pour y entrer. Et pour cela Xerya, tu dois savoir qui tu es. »

« Je sais déjà qui je suis, je n’ai pas besoin de confirmation. Ni envers-moi même, ni envers personne d’autre. Encore moins envers une présence qui vient m’embêter et qui est trop lâche pour oser se montrer. »

« Tu me verras, le moment venu. Je ne veux pas te déstabiliser encore plus que tu ne sembles l’être. »

« Moi, déstabilisée ? Ce n’est pas plutôt vous qui auriez peur de ma réaction si je vous voyais ? Peut-être êtes vous le diable, un fantôme ou encore une autre chimère de mon esprit … »

« Tu le sauras bien assez tôt. Pour l’instant poursuis ton chemin et considère juste que je suis une petite voix qui t’apporte son aide de temps à autre. Mmmmh, comme une sorte de coup de pouce, tu vois ? »

« Non, je n’en ai pas besoin. Je me suis toujours débrouillée seule, pourquoi aurais-je besoin d’aide maintenant ? Je ne suis pas une âme que l’on sauve. Je fais moi-même mes propres choix et j’en assumerais les conséquences. D’ailleurs, comment savoir si je peux vous faire confiance ? Vous n’avez pas encore fait vos preuves. Et vous me tutoyez comme si l’on se connaissait depuis longtemps … »

« Cela te met mal à l’aise car je sais ce qu’il faut faire alors que tu doutes. N’est-ce-pas ? Mais, n’est crainte. Mon pouvoir réside dans le fait de savoir le besoin des gens. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. »

« Je ne voudrais pas être impolie mais … Repartez, laissez-moi seule. Je veux continuer mon exploration tranquillement. »

Comme on dit, il n’y a que la vérité qui blesse. Comment ce malotru peut-il savoir ce dont j’ai besoin ? Il ne sait même pas qui je suis ! Et puis, il parle de son pouvoir … Quel est le mien ? Le saurais-je en tant voulu ? C’est ce qu’il aurait répondu. Je commence déjà à être influencée par cette présence mystérieuse, ça à le don de me mettre sur les nerfs. 

Je me concentre sur les portes. C’est toujours le même scénario : je me tourne vers l’une d’elles et elle se referme instantanément.

Je ne peux rien voir. Tout est fermé car je n’ai pas les clés. Je crois que le problème est là. Alors, j’observe et je comprends. J’ai l’impression d’être comme dans un filet du diable : plus on se crispe et on cherche à se défaire des lianes, à maîtriser ce qui arrive, plus cela se referme sur nous. A l’inverse, c’est quand je relâche prise, que cela prend enfin tout son sens.

Et cette fichue voix à encore raison. En fait, elle ne fait que me proposer des solutions que je suis en mesure de découvrir par moi-même si je reste lucide. Il y a donc plusieurs possibilités, l’une d’entre elle serait que cette voix manipule les portes et mon château. Elle me ferait faire un cheminement et des épreuves multiples. Mais pourquoi ? A quoi bon ? Je ne suis pas Hercule, et qu’y gagnerait-elle d’ailleurs ?

Mais, je sens bien que le château n’est pas relié à elle, c’est une présence à part entière du château. Elle y prend place mais sans être une partie nécessaire dans cet espace. Alors la seconde hypothèse, serait qu’elle m’aide effectivement. Mais personne ne fait jamais rien, sans rien. Donc pourquoi ? Telle est la question comme dirait William.

Plongée dans mes réflexions, je remarque un porte qui brille, au fond du couloir.

Je m’approche, méfiante, et je vois une silhouette.

Cette silhouette me ressemble, mais elle n’est pas moi.

J’avance lentement … « Il y a quelqu’un ? »

Et j’arrive en face de cette porte, qui se révèle être un magnifique miroir.

Un grand miroir ancien, un peu poussiéreux, de forme ovale. Il fait la taille d’une personne. Il me rappelle un peu le miroir de Riséd. Il y a une inscription en latin, taillée dans la pierre grise qui sert de socle au miroir :« Vade Retro Satanas »

Je me suis toujours questionnée sur les miroirs, on n’y voit notre reflet. Mais le reflet qu’on y voit est-il fiable ? Voit-on ce que l’on désire voir en nous-même ou le miroir nous renvoie-t-il vraiment la réalité de ce que nous sommes ? Le miroir est-il le reflet de ce que nous voyons à la lumière de notre compréhension ?

J’observe la silhouette qui me faisait face. Et en fait, c’est moi.

Mais je parais plus jeune, sur le reflet j’ai une robe bleu méthylène. J’essaie de sourire à mon reflet mais la petite fille me renvoie un regard triste, chargé de larmes. Elle essaie de me parler, mais aucun son ne sort de sa bouche. Et puis, je remarque avec horreur que ses lèvres sont cousues d’un fil aux couleurs de l’arc-en-ciel. 

Je cligne des yeux, et je me souviens. 

Je me rappelle de ce que j’étais, avant.

Avant de me rencontrer moi-même.

Avant de trouver la force de panser mes blessures.

Je passe ma main sur le miroir et je reste là, à observer mon reflet avec compassion. Au contact de ma main, le miroir ondule lentement, comme les vagues d’un torrent silencieux. Je me perds dans le reflet de ce que j’étais. Jadis. J’aurai aimé lui dire qu’elle deviendrait une belle fleur, forte. J’aurai aimé la serrer dans mes bras, la rassurer, lui dire que tout irait bien. Qu’elle ne devrait pas avoir peur. Qu’elle ne devait plus avoir peur.

L’image se brouille encore et la petite fille a disparu pour laisser place à une adolescente à présent. Ses cheveux sont toujours roux, mais son teint est pâle et ses lèvres sont colorées d’un rouge cerise, profond. 

Elle n’a plus la bouche cousue mais le fil coloré est toujours pendu sur le rebord de sa bouche. Ses yeux scintillent d’une énergie incroyable. Volcanique. Elle porte une superbe robe en dentelles noire, qui découvre ses épaules aussi claires que son teint. La robe descend jusqu’en bas et tournoie autour d’elle, comme animée d’une force qui lui est propre. Elle voltige comme des ailes de chauve-souris.

Elle ne pleure plus mais son sourire est carnassier. Elle veut prendre sa revanche sur le monde qui a meurtri son âme d’enfant. 

Je me souviens du passé.

Il refait surface, lentement.

Invariablement, je me trouve reliée aux émotions d’antan.

Ce passé douloureux, qui est le mien, m’appartient. 

Je remarque que les poignets de la fille sont tailladés en forme de chaînes, comme des plus l’infini entrelacés dans le sang.

Encore et toujours ces chaînes. J’observe mes poignets avec horreur, et je remarque, les mêmes traces. 

Les cicatrices du passé sont toujours là. 

L’adolescente me rend un dernier sourire. Et je constate avec effroi que ses lèvres son peignées de sang. Ce n’était pas du rouge à lèvres cerise … Ses poignets saignent et elle s’abreuve de sa propre douleur.

C’en est trop pour moi.

Je repars sur Terre …

La suite ce soir étant donné qu’hier je n’avais rien publié …

Radjaa

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3 réflexions sur “Le château des âmes (Partie 3) #Récit Fictif

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