Cinquante Nuances de Sornettes – E.L. James – Humeurs et Analyse comparée Roman/Film


Fifty Shades of Grey – Analyse Livresque et Réflexion Sociétale

Alors par quoi commencer ? Il y a pleins de choses à dire sur ce roman ! Une note pour les personnes qui me connaissent : ne soyez pas choquées, même si ce n’est pas du tout mon genre habituel de littérature ! (peut-on appeler ça de la littérature?)

Le bon point : ça fait quand même découvrir de belles musiques …

J’ai lu Fifty Shades of Grey pour un cours de français à la fac l’an dernier. (Oui oui c’est vrai et je ne vous dirais pas le nom de la prof^^) Par ailleurs, on m’avait lancé cette lecture comme défi alors j’ai relevé le challenge et voici donc cet article qui marinait au fin fond de mon esprit depuis un peu plus d’un an ^^

J’ai lu le roman bien avant « le phénomène Fifty Shades » qui a inondé la populace depuis son adaptation en film lors de dernière Saint Valentin.

C’était quoi le but ? Que chaque homme offre à sa compagne une fessée en guise de cadeau ou quoi ?!

Le but de cet article n’est pas de critiquer les goûts de ceux qui ont apprécié mais juste de remettre les choses au clair à propos de ce lavage de cerveau pornographique qui se donne des airs glamour. Pour moi le livre c’est déjà pas de la grande littérature alors le film qui se donne des airs romantiques et enjolive le récit pour se faire vendre à souhaits : c’est du grand n’importe quoi. Quoique ça en vaille la peine d’en parler puisque j’y est consacré tout un article (même si c’est pour démonter l’oeuvre haha)

Car oui appelons le chat par le chat, le dico Larousse l’énonce clairement, la pornographie c’est « présence de détails obscènes dans certaines œuvres littéraires ou artistiques » Donc ne soyez pas choqués par le ton de l’article.

La base du récit, une fan-fiction de Twilight : ça commence bien …

h7F44E362

Vous avez sûrement dû entendre parler ces dernières années du phénomène Twilight. Pour ceux qui vivaient sur une autre planète, on a eu menu, des Bella à la guimauve + des vampires qui brillent au soleil. Et bien les 50 nuances, c’était une fan-fiction rédigée sur cette base.

N.B. : Une fan-fiction est un récit fictif rédigé par des internautes lambda, inspiré d’un film, d’une série, d’une saga, d’un animé, d’un jeu vidéo … Allez jeter un coup d’œil sur Fanfiction.net. On peut trouver des histoires géniales (pour en avoir lu des masses sur Harry Potter) comme des écrits dénaturés, qui ne collent ni avec l’esprit de l’œuvre, ni avec le caractère des personnages.

Donc un jour une internaute a publié une fan-fiction sur la base de Twilght en mettant en scène Edward qui violente Bella a plusieurs reprises. Et bien sûr Edward à tous les droits étant donné que c’est un vampire, il hypnotise donc peut-être Bella pour en faire ce qu’il veut ?

Ce qui expliquerait son manque flagrant de caractère … 

Et donc il y a un jour un éditeur qui a quand même :

  • Perdu son temps à lire des torchons sur le net
  • Et a pensé « tiens, je vais contacter la personne qui a écrit ça ! C’est LE prochain best-seller en vogue ! »

Et voilà comment Fifty Shades Of Grey a été pondu …

« Parfois les best-sellers et les romans les mieux classés, ne sont que des navets » – Michel Serres

Le thème traité, y fallait le faire quand même, l’auteur serait-elle misogyne ?

50-shades-of-grey-film-record-bande-annonce

Allez-y frappez-les-toutes ! De toute façon, la douleur, c’est dans la tête !

Alors que raconte l’histoire ? En gros, c’est l’histoire d’une femme qui devient l’esclave sexuelle d’un homme. Trop cru comme description ? Ben on me reproche souvent mon manque de concision 😛

Sérieusement, à celles qui pensent qu’il s’agit d’amour, arrêtez ! Le livre évoque juste une relation de dépendance physique. L’amour, c’est une relation saine et choisie des deux partis, alors que là on a juste le-mec-beau-riche-manipulateur et sexy qui arrive à faire pression sur une femme timide qui ne s’assume pas. La preuve en est: il ne lui avoue jamais ses sentiments.

La haine que Grey ressent vis-à-vis de lui-même car il ne s’aime pas, le pousse à rejeter Ana car il ne s’estime pas digne d’être aimé. Ce sentiment les détruits, tour à tour.

Preuve en est dans le roman Anastasia (et pourquoi aller prendre un nom aussi joli ? Sérieux, l’auteur à martyrisé le mythe d’Anastasia là!) Répète à plusieurs fois « Je n’en suis pas sûre »

– Ah il m’aime ? « Je n’en suis pas sûre »
– Tu te trouves jolie ? « Je n’en suis pas sûre » 
– Tu vas bien ? « Je n’en suis pas sûre »
– Existes-tu en tant qu’humain à part entière qui sait dire « non » et qui est responsable de ses choix ? 
JE N’EN SUIS PAS Sûre !

C’est à se demander si E.L. James n’a pas des problèmes de libido ! En lisant le roman, je me suis dit « Ok il y a un gros souci là, peut-être l’auteur est une jeunette de 20-30 ans qui n’a pas su exprimer ses manques autrement ? Who knows ? »

Après un petit tour sur B.B.C., et non ! Je vois une femme âgée de 52 ans précisément. Elle a sûrement eu de mauvaises expériences qui expliquent cette daube culturelle ? (Ah la psychanalyse facile comme le dit une amie 😛 )

Je ne suis pas contre la sensualité en littérature mais quand elle est dosée, suggérée, bien amenée et apporte quelque chose au récit. Plutôt que quelque chose de cru, sans intérêt.

En plus, les sous-entendus/suggestions font beaucoup plus d’effets que des explications vulgaires !

15037480-thoughtful-Young-lady-weared-in-old-fashion-dress-outdoor--Stock-Photo

La société actuelle fait tout dans l’explicite : les panneaux publicitaires, la télévision et les films … Il est rare de trouver quelque chose où il n’y a pas de scènes explicitement montrées mais je veux dire un truc : c’est bon on a compris, on sait ce que c’est et comment ça marche, on n’a pas besoin d’un dessin donc maintenant STOP ! Pas besoin d’émoustiller la libido des gens de bon matin pour vendre des voitures ou pire, des céréales pour des ENFANTS !

Eh bien sûr, on retrouve bien plus souvent des femmes dénudées, que des hommes, et après on prétend que la femme-objet-commercialisé-comme-de-la-viande-fraîche est une femme libre, assumée et indépendante. (Rires)

Comment peut-on parler de féminisme et de respect de soi ou des autres quand on dépend littéralement de l’image que l’on donne ? 

Oui mesdemoiselles, mesdames, messieurs, une femme peut être jolie et élégante sans que l’on voit ses dessous …

En parlant de femmes, le public cible de base était … ‘I Call You Momy Porn’

Il est quand même aberrant de voir qu’aux Etats-Unis, suite au succès du roman qui s’est vendu comme des petits pains, à plus de 45 millions d’exemplaires. (cf Article le Figaro, qui OSE comparer cette pourriture à Harry Potter, c’est à aller se suicider T_T) que « toutes les femmes de plus de 40 ans l’on lu »

Toutes les femmes de plus de 40 ans chercheraient-elles un refuge auprès du fouet de Christian Grey ? On peut comprendre que certaines expériences de la vie soient insatisfaisantes, mais QUAND MÊME qu’on ne vienne pas nous dire que le public qui lit ça est à majorité composé de « mamans » !

C’est dérangeant, si vous voulez le lire, achetez-le en livre électronique, stockez-le sur P.C. (ou supprimez-le) et on en parle plus ! Mais PITIE ne comparez pas la figure maternelle avec le cas social qu’est Ana S IL VOUS PLAIT ! (De plus, ça pourrait tomber entre des mains innocentes !)

Le roman et l’analyse littéraire

Je ressors mes notes de l’an dernier qui étaient rangées sur ordinateur et je lis « aucun intérêt du point de vue littéraire » Et je le confirme encore aujourd’hui, une écriture lourde de par la traduction française qui en a été faite (pour avoir comparé avec la version anglaise) Et beaucoup de passages « capitalistes » et commerciaux.

fifty-shades-of-grey-scandal-trailer

Ah tu ne veux pas venir dans mon lit ? Eh bien je vais t’acheter un mac et une voiture voyons ! Les femmes aiment qu’on les chouchoute car je ne peux pas t’offrir d’amour et de sentiments sincères alors je vais faire pareil que les parents qui couvrent leurs enfants de cadeaux pour compenser leur absence !

Un scénario banal qui n’a rien d’original, si on enlève tous les passages d’ébats, le livre fait à tout casser 50 pages ! En plus, Grey infantilise Ana, lui fait une tresse comme une gamine, l’a vouvoie alors qu’ils ont déjà passé des nuits ensemble, il lui envoie des mails avec des « mademoiselle Steele » à gogo (Volonté de maîtrise à tout prix ? Intimidation?) Il l’a suit à la trace et il lui ordonne de manger quand elle ne se sent pas bien car il l’a violentée. (Tu m’étonnes après qu’elle n’ait plus faim !)

La lecture du livre est facile, j’ai lu les quelques 350 pages en 4 heures. Et j’ai été déçue (vous l’avez compris depuis le début de l’article^^) Autant le fond était moyen mais je me suis dit bon, la littérature, c’est de l’art, alors peut-être qu’esthétiquement parlant ça va rattraper l’oeuvre.

Il n’en est rien.

J’étais littérairement frustrée (sans jeux de mots 😛 ) en me disant que c’est pas possible de PUBLIER ça ! Même-moi , avec mon petit niveau, je peux ré-écrire ce passage avec beaucoup plus de tact, de finesse, de scénario, de profondeur et de sensualité sans vulgarité ! (Qu’on ne viennes pas me lancer sur ça^^)

Le seul aspect positif pour qui sait avoir du recul est la réflexion sur les relations de dépendances, le pouvoir

Mais évidemment, très peu de personnes auront ce recul étant donné qu’elles n’auront pas lu le roman et ce seront contentées du film comme moyen de divertissement. Je suis même choquée qu’on puisse diffuser ce genre de film au grand public, en salle, comme ça, ouvert à tout le monde !

Ne serait-on pas en train de vulgariser, depuis des années, la pornographie ?
Si le but c’est de n ôter tout bon sens et qu’on aille se trimbaler à la rue en tenue d’Eve et d’Adam, histoire de revenir aux sources, y fallait le dire car c’est plutôt bien parti … (Rires)

Alors la question du pouvoir, dominant/dominé ?

Tout homme qui acquiert la capacité de prendre pleine possession de son propre esprit peut prendre possession de tout ce à quoi il estime avoir droit. – Carnegie 

Le seul souci, c’est de mal estimer nos droits. Il y a des choses qu’on ne peut pas posséder sans se détruire ou détruire l’autre car l’Homme a besoin d’espace dans lequel il puisse exprimer sa volonté et sa liberté en toute autonomie. Grey fait tout le contraire quand il prend possession de la vie d’Anna, entièrement. Comment ne peut-elle pas suffoquer ?

Conseils aux hommes, les femmes aiment bien qu’on les domine de temps de temps pour se sentir protégées et en sécurité mais elles ont besoin de leur espace personnel !

Une réflexion aussi sur le nom de Grey qui signifie « Gris » en anglais : les 50 nuances de Grey font référence au fait que le personnage soit inconstant, comme énoncé dans le film, « 50 nuances de folies » Il a plusieurs facettes, teintes, comme nous tous qui avons nos propres humeurs mais dans son cas c’est JUSTE extrême.

Il passe de type protecteur (mais en fait qui ne cherche qu’à amadouer Anna par intérêt) au type torturé hyper violent qui a besoin de se défouler sur un corps féminin. (Vive la sensibilité !) A noter que ce type de pratiques sexuelles qui utilisent la douleur comme stimulus existent. (cf B.D.S.M., allez faire des recherches, je ne suis pas là pour expliquer ce genre de choses et en plus je n’’y connais fichtrement rien !)

Mais dans ce cas-là, il s’agit d’un contrat explicite entre deux partenaires et protégé par des règles fixes qui ne sont pas du tout respectées dans l’œuvre. Par exemple, le fait de signer le contrat et de la COMMUNICATION ! Dans le récit, on a juste envie de frapper Grey car il joue sans cesse avec Ana en faisant pression sur cette dernière qui ne répond rien !

22438394-le-mot-nonsense-sur-une-des-lettres-de-l-alphabet-3d-pour-illustrer-quelque-chose-qui-sonne-faux-inc

  • « Tiens, le contrat, tu as une nuit pour y réfléchir. (Le lendemain) Ah tu es revenue me voir donc tu es partante, tu n’as pas signé ? Tu n’en n’es pas sûre ? Tu appréhendes ? Ne t’inquiètes pas je prendrais bien soin de te briser. Tu crois que je vais culpabiliser parce que je t’aime ?
    Ne te leurre pas bébé, j’ai besoin de violence parce que j’ai subi des choses horribles dans mon passé du coup j’ai besoin de catharisme, même si pour cela je te laisses des cicatrices.
  • Alors ça t’a plu ? Je te laisse, je retourne au boulot et sois en forme pour ce soir ! »

Non seulement, on a l’impression qu’Ana parle avec un mur les rares fois où elle veut dire « non » Mais en plus Grey, rassemble les caractéristiques d’un harceleur typique qui tourne toujours tout à son avantage en se faisant passer pour la victime.

Si tu es là parce que tu m’aimes alors tu devras m’aimer à ma façon. Tu vois je suis un mec torturé, j’ai besoin qu’on me protège, même si pour ce faire, je devrais te faire du mal.

« On n’acquiert un pouvoir immense que si on est persuadé d’être né pour tout contrôler (…) Je suis très individualiste, très déterminé. J’aime contrôler – moi-même et ceux qui m’entourent. » – Grey- Citation du tome 1

Se contrôler soi-même, c’est très important. Mais pour avoir été moi-même un peu maniaque sur les bords, j’ai appris que s’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas maîtriser, ce sont les autres. On ne peut ni prévoir leurs réactions, ni leurs pensées donc autant se décharger du fardeau lourd qu’on se met soi-même et qui nous fait vivre dans une pression intenable. (Pas étonnant que Grey a besoin de se défouler à la cravache lol)

Après avoir parlé du personnage de Grey, on poursuit avec Ana.

anastasia-steele-pic

Au début du roman, elle a un comportement tout à fait normal mais dès que Grey entre en jeu, rien ne va plus. Ce qui est étrange dans sa psychologie c’est qu’elle se rend compte de la réalité mais n’agit pas en conséquence. C’est normal, l’amour rend aveugle … Il faudra attendre la fin du tome 1 pour qu’elle quitte Grey. 

Vous allez me dire, mais pourquoi vouloir sortir des griffes d’un apollon comme ça ?

Eh bien parce que justement, il résume parfaitement l’adage qui dit « tête d’ange et diable au corps » Grey est psychologiquement instable mais puisque qu’il réuni toutes les caractéristiques du prince charmant (et qui a besoin d’être sauvé par dessus le marché !) Alors comment ne pas tomber (et rester) dans ses bras ? Je comprends que le côté Bad Boy de Grey puisse attirer, j’ai moi-même un faible pour les méchants mais là non ! Pas quand ce mal cause ma perte non, on a toutes nos limites. Seul ce qui nous nuit et est rendu inaccessible serait le sujet de nos fantasmes ?

D’autant plus que ce n’est pas un récit fantastique qui pourrait laisser place à un doute et à l’imagination, j’aurai limite préféré que Grey soit un vampire, ça aurait (un peu) excusé son comportement de ***…

Par exemple, il y a des récits fantastiques qui se lisent très bien tout en détaillant l’aspect douleur/plaisir sans vulgarité (cf la saga Kushiel de Jacqueline Carey, avec aspect historico-mythologique en prime !)

515hoH8YDeL._SY344_BO1,204,203,200_Mais F.S.G. se place dans un cadre réaliste alors bonjour l’identification de milliers de femmes et d’hommes qui vont aller reproduire ce scénario en pensant que c’est cool et qu’ils vont y prendre leur pied !

Ça ne marchera pas pour la simple et bonne raison que ce récit n’est pas du tout réaliste et ne tient pas la route. En effet, le propre d’une relation de dépendance est qu’elle se fait dans le temps et souvent à notre insu. Alors que là, tout est clairement posé sur table.

Ana elle-même se rend compte de son manque de jugeote en avouant que « je pleure quelque chose que je n’ai jamais eu, ridicule »

Oui tu es triste de ne pas avoir l’amour de Grey de façon saine du coup tu te raccroche à la violence qu’il t’offre. Andouille.

Ridiculous.

tumblr_lpvs45HUte1r1anluo1_500

Bien souvent, si l’on est triste pour quelque chose que l’on a jamais eu et que l’on n’arrive pas à s’en défaire, ça signifie que l’on est attaché à cette idée ou que l’on idéalise quelqu’un : c’est le propre du fantasme. Alors il est normal d’être déçu si la personne ne répond pas à nos attentes. C’était le cas d’Ana avant de savoir quels étaient les goûts spéciaux de Grey en la matière.

Après je dois dire quand même qu’Ana n’est pas vraiment à plaindre car « qui ne dit mot consent » Donc elle est aussi partante face aux jeux-sado-maso de Grey.

Séduite par la bête, malgré elle, son corps capitula.

Et là se pose ma question préférée, qui domine vraiment ?

Logiquement, c’est Grey, Oui. Mais. Il domine Ana car elle le lui permet, vous voyez ? Donc elle détient elle-même la clé de sa prison. Grey ne domine Ana que pour répondre à son besoin de maîtrise pour se rassurer. Donc bien réfléchir sur le statut de dominé/dominant car par exemple un dictateur ne pourrait pas réprimer un peuple qui ne dit mot.

A mon avis, derrière chaque leader se cache une personne qui a souffert du statut de victime auparavant. Et donc pour se protéger, il devient celui qui dirige, pour ne plus jamais subir et avoir mal. (Tout en protégeant son équipe quitte à prendre des risques) Sauf que ceci n’excuse EN RIEN, le fait de violenter quelqu’un, gratuitement. (Surtout une femme !)

Par ailleurs, ce qui m’a énervée dans le schéma narratif du roman, c’est le modèle suivant qui tourne en boucle pendant 350 pages !

Disputes car Grey n’est pas un amant « traditionnel » et il vient tout foirer à chaque fois qu’un moment « romantique » se profile. Ébats pour calmer les tensions. Et évidemment, (il paraît) c’était tellement bien, qu’on se réconcilie. Et rebelote !

La portée culturelle et analyse comparée avec le film

Le film est moins « hard » que le livre donc en un sens c’est un peu rassurant. Je m’attendais à pire. Mais ça reste quand même deux heures dénuées d’intérêt. Le seul bon point étant que la Ana du film est un tantinet plus déterminée que celle du roman et que ça nous permet de réfléchir sur la psychologie des personnages. Mais ça reste quand même très médiocre, le scénario écrit est mauvais. On a l’impression d’avoir à faire à des gamins, il n’y a aucune tension sensuelle réelle, c’est plutôt du néant et le dialogue est totalement négligé ce qui renforce l’énervement éprouvé face au film.

Grey est un enfant qui joue les dominateurs pour panser ses blessures (sa mère droguée et prostituée est morte quand il avait 4 ans et il a été « le soumis » d’une des amies de sa mère quand il avait 15 ans) Cela sent presque l’inceste. C’est juste écœurant ! Le pire c’est qu’il est « toujours ami » avec la femme qui l’a violenté. Il lui manque CLAIREMENT UNE CASE ! Rien que pour ça, je l’aurais fui comme la peste !

Comment les acteurs ont-ils pu jouer ça ? J’ose même pas imaginer leurs parents ou amis les voir à l’écran. Un seul mot le vient à l’esprit : I N S A N E.

Ana compare la relation qu’elle a avec Grey à celle que sa colocataire entretien avec son petit ami. Ces derniers rient, sortent en ville … Alors qu’elle est cantonnée à jouer la poupée de chiffon dans la salle de jeux. Mais elle change imperceptiblement Christian attention : « qui lui autorise une sortie en ville normale par semaine » Bravo, applaudissez Grey ! Clap Clap Clap ! (Rires)

Et cette idiote que de le remercier ! Ce n’est pas parce qu’il est le premier homme à s’intéresser à toi que tu vas faire des concessions à n’importe quel prix !

On remarque beaucoup de similitudes avec le premier film de Twilight. Notamment la manie qu’ont Bella et Ana de garder la bouche entrouverte et de se mordre les lèvres.

1690783-nouveau-poster-de-fifty-shades-of-grey-950x0-1

On sait que ça suggère la sensualité, mais le faire tout le temps, (sans modération lol) ça fait juste idiot !

La voiture rouge aussi, la pomme qu’Anna prend, le piano, les couleurs des paysages, la promenade dans la forêt. Le côté sombre de Grey et d’Edward qui sont exprimés de la même manière : les sensations fortes.

501443_WOEUNTYB2PCF4CBIHXTZV5YED6T11K_twilight-backlot-21_H193524_L

Viens Bella je te prends sur mon dos comme un vulgaire sac à patates et puis je t’emmène faire un tour à la vitesse grand V du vampire que je suis.

Cerise sur le gâteau : les clichés du film

  • Cliché 1 : « Vous êtes le premier car je vous attendais.» Pour attendre quelqu’un mon coco, il faut d’abord l’avoir connu, or là ce n’est pas le cas !

  • Cliché 2 : Ouvrir la porte de Grey et tomber dans son bureau les quatre fers en l’air dès la première rencontre.

  • Cliché 3 : « Je crois que je vais m’évanouir » Ana

  • Cliché 4 : « Je vais aller pisser » Ana. Vive l’élégance !

  • Cliché 5 : Grey lui offre une édition originale après deux jours de rencontre, ce récit n’est pas réaliste pour un sous ! Il l’a suit au bout du pays à deux reprises et lui demande si son collègue au boulot et son ami, ne sont pas ses petits copains. Un peu trop possessif envers une inconnue non ?

  • Cliché 6: La pluie qui tombe et le piano joué par Grey, c’est quoi la tactique ? Le rendre plus humain ? Lui accorder le doute d’une sensibilité ?

En clair, il y en a marre de ce scénario à deux balles !

J’en ai assez de voir des personnages féminins faibles. Toutes les femmes ne sont pas dépendantes, de petites nature ou bien timides. Il y en a qui s’assument, qui se respectent et qui savent ce qu’elles veulent en disant « non ». Il serait temps que les auteurs prennent exemple sur le personnage de Nora (Lia Habel) ou de Maeve (Marika Gallman)

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Frefractedlightreviews.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F09%2Fdearlydeparted-copy.png&imgrefurl=http%3A%2F%2Frefractedlightreviews.com%2F%3Fp%3D10118&h=340&w=250&tbnid=Ri_u-T19MAekrM%3A&zoom=1&docid=0n-bsB1Z5F-xyM&ei=8xAOVa_oH_HW7AaEpoGYDQ&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=267&page=2&start=23&ndsp=33&ved=0CG8QrQMwGA

Même en n’étant plus la convoitise de tous, une femme ne perd en rien de sa valeur.

Maintenant, les femmes violentées et soumises risquent de devenir le fantasme commun, à cause d’un film qui a du succès et qui ne le mérite VRAIMENT PAS. Sérieux, si vous avez besoin de stimuler votre libido, allez sur le net mais qu’on laisse les gens innocents, il faut arrêter ce gavage médiatique ! cf débat sur le sujet. Une campagne contre le film a été lancée. Je suis contre le fait de censurer, même si j’ai été déçue de l’oeuvre car pour moi il y a une grande différence entre encourager et promouvoir un film, le dénoncer et critiquer pour encourager le débat d’idées et puis censurer parce que ça ne nous plait pas. (D’autres ont aimé T_T)

La conclusion ? Énormément de bruit pour pas grand-chose …

F.S.G. = du Twilgiht pour les adultes ?

A entendre le tapage médiatique qui en est fait, on se demande comme le dirait Cyprien, POURQUOI ? Le fond manque d’originalité et la forme de style. Alors comment expliquer l’engouement d’énormément de personnes pour ça ? Cela aurait pu être beaucoup mieux écrit. Après je ne peux pas vraiment juger l’oeuvre car je n’ai pas lu les trois tomes. Mais.

Est-ce la culture qui influence la société ou la société qui fait la culture ? La France a quand même son lot de grands penseurs et écrivains alors quand je vois ça, je me demande, où l’on va ?

Marianne doit en pâlir …

Les best-sellers sont-ils des très bons romans ou simplement des navets qui se vendent plus car on n’en a fait tout un foin ? 

Je finis en vous laissant sur votre faim (ou pas) avec quelques citations du roman. Je me suis beaucoup amusée à rédiger l’article. (effet satirique volontairement accentué, sinon ça manque de peps!) j’espère qu’il vous a au moins fait sourire même si vous n’êtes pas d’accord. N’hésitez pas à partager vos avis par commentaires !

Ameth

Ma chérie, tu sais ce qu’on dit : il faut embrasser beaucoup de grenouilles avant de trouver son prince. Je lui adresse un petit sourire doux-amer.

Je crois que j’ai embrassé un prince, maman. J’espère simplement qu’il ne va pas se transformer en grenouille.

Pourquoi éprouve-t-il ce sentiment ? Comment peut-il l’éprouver ? Ses paroles me hantent : « C’est dur de grandir dans une famille parfaite quand on ne l’est pas soi-même »

Il est riche, il est beau, mais tout ça ne signifie rien sans amour, et je ne sais pas s’il en est capable. Comment pourrait-il m’aimer alors qu’il ne s’aime pas lui-même ?

D’après ce que j’ai compris, quand il était plus jeune, il se méprisait à tel point que son amour à elle était la seule forme d’amour qu’il jugeait « acceptable ». Puni, fouetté, battu… parce qu’il n’avait pas l’impression de mériter d’être aimé.

Publicités

6 réflexions sur “Cinquante Nuances de Sornettes – E.L. James – Humeurs et Analyse comparée Roman/Film

  1. Pingback: Jurassic World – Réflexions Autour Du Film | Plume d'Ameth - Lectures philoloufoques

  2. Bonjour, je viens de finir votre article (bravo pour la référence à Kushiel, même si une couverture de la première trilogie aurait plus en accord avec le sujet 🙂 ).

    Par contre en tant que passionnée d’histoire je ne comprends pas le rapport avec une religion médiévale à priori annihilée —>J’AI BESOIN DE CATHARISME, même si pour être un Parfait, il fallait probablement un sacré fond de masochisme (appelé ascèse et abstinence à l’époque)

    • Merci pour votre commentaire pertinent,
      Concernant le couverture de Kushiel je n’ai pas lu la première trilogie c’est pour ça que j’ai partagé le seul lien que je connais de la série littéraire 🙂
      Ensuite, j’ai dû lire plusieurs fois votre commentaire pour comprendre ce que vous vouliez dire car je ne sais pas où vous lisez le terme de ‘catharisme’ mais il s’agit d’une erreur de terminologie de ma part, et merci de le préciser d’ailleurs !
      Explication : le terme catharsisme (qui est un néologisme :terme inventé par mes soins) fait référence à la catharsis comme évoquée dans la dramaturgie // épuration des passions/purification si vous voulez 🙂 En ce sens, si je dis que j’ai besoin de catharsisme (et non catharisme) c’est que pour moi l’écriture, les articles, le fait de critiquer FSG … est un moyen de libérer mes pensées // purge des émotions . Voilà 🙂
      Mais en aucun cas je ne voulais faire référence au Catharisme Chrétien médiéval comme vous l’avez judicieusement souligné, il ne s’agit que d’une erreur de frappe entre mon terme inventé ‘catharsisme’ qui vient de ‘catharsis’ et Catharisme (correcteur automatique quand tu nous tiens ^^)
      J’espère vous avoir répondu comme il se doit et que c’est un peu plus clair maintenant, n’hésitez pas si vous avez d’autres remarques 🙂

      • J’avais bien compris que vous parliez de catharsis, d’où ma tentative (ratée) de blague pour vous montrer la faute de frappe 🙂

        Concernant Kushiel, si vous n’avez pas lu la première trilogie, consacrée à Phèdre, c’est dommage si comme dit à la fin de votre article vous cherchez des livres avec des personnages féminins forts.

        PS : Moi aussi je hais le correcteur orthographique (que je ne peux pas désactiver) de ma tablette surtout quand je dois réécrire X fois un commentaire en anglais…

  3. Pingback: Quels ingrédients pour une bonne romance en littérature ? #Tuzo de l’Instant | Plume d'Ameth

Une idée en tête ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s