Entretien Avec l’Auteur Li Cam (La Chronique des Stryges) – Les Oniriques Mars 2015


Vous devez vous dire « mais elle n’a pas suffisamment écrit sur le sujet celle-là ? » Et bien, il faut croire que non, malgré les années, le vampirisme me fascine toujours. Ce n’était pas qu’une simple lubie de jeunesse tout compte fait. Plus sérieusement, voici en direct un échange très sympathique qu’ont permis les Oniriques. (Les Omniquoi ? – Allez ne fâchez pas les ragondins, les Oniriques ! j’en reparlerai plus tard !)

N.B. : Bannière de l’article renvoie au Blog Officiel de Li Cam et J’ai tout les droits d’auteurs sur mon expression « les vampires à paillettes » 🙂 

Entretien avec  Li Cam, auteur de la Chronique des Stryges

Li Cam PL

Photo prise par Ameth

– Bonjour, excusez-moi, c’est bien vous qui aviez évoqué, lors de la dernière conférence, le fait que les vampires « qui brillent » d’aujourd’hui soient désolants ? D’où peut provenir cet engouement pour les « vampires gentils » ? A votre avis, Dracula ne se retournerait-il pas dans sa tombe ?

Li Cam : Bonjour, oui en effet, je trouve ceci désolant. Le vampire pour moi c’est autre chose qu’une créature qui brille. Ma théorie sur le succès du « vampire à paillettes » est la suivante : si l’on admet que le vampire représente les penchants les plus sombres de l’Homme, alors on peut expliquer le succès des gentils vampires par une tentative de banalisation de nos instincts primitifs.

La société à son stade actuel tend à encourager la transgression.

Ainsi, représenter le vampire qui brille au soleil, le vide de sa noirceur. Et si le mal incarné parait si inoffensif, finalement, ne l’est-il pas devenu ? On peut mettre ceci en lien avec, par exemple une certaine banalisation de la violence dans la société, on est de plus en plus habitués à voir des choses horribles et à force d’en voir cela ne nous choque plus.

L’horreur n’est plus qu’un spectacle comme un autre et le vampire ne fait plus peur. C’est un bon gars … Un prince charmant, le gendre idéal …

– D’ailleurs, comment abordez-vous la thématique du vampire dans vos romans ? (Je n’ai pas encore eu l’occasion de les lire, mais cela ne saurait tarder !)

Li Cam : Dans mes romans, les vampires sont des créatures profondément sombres, ce sont des prédateurs issus de mutations génétiques. Même s’ils sont séduisants, ils n’ont rien du gendre idéal. (N.B: Li Cam a un parcours de biologiste, comme quoi on peut être écrivain et scientifique^^)

Mes vampires ne sont pas des revenants en corps, ils sont vivants. Ils sont nés vampires et de ce fait ils n’ont pas de souvenirs de leur vie humaine passée. Rien ne les raccroche à l’Humanité à part la relation du chasseur à sa proie.

La problématique principale que soulèvent mes romans est : comment ces prédateurs-là qui ont besoin des Hommes pour se nourrir, peuvent-ils gérer leurs pulsions et s’intégrer à notre société ? Des pulsions qui diffèrent grandement des nôtres, des pulsions meurtrières et dangereuses …

La cohabitation est difficile, si elle peut avoir lieu entre certains individus, elle est impossible à l’échelle d’une société.

– Ce que vous soulignez-là est intéressant. Et si l’on admet que le vampire est un humain qui a été mordu, pensez-vous qu’il a conservé sa conscience et certains souvenirs ? Je pense par exemple au personnage de Louis d’Anne Rice, qui est un vampire torturé par ce qui lui reste de sa conscience, comment l’expliquez-vous ?

Li Cam : Si un vampire a été humain, je pense qu’il garde une partie de ses souvenirs mais qu’au fil du temps, tout le vécu, le passé, s’estompe. Vous avez cité Anne Rice, on peut observer par exemple que le personnage de Lestat a perdu toute son humanité et ne conserve plus aucun souvenir de sa vie humaine, ce qui lui permet d’agir sans remords, de sang froid.

Merci à l’auteur pour ce bel échange et ses corrections. Ainsi qu’aux organisateurs des Oniriques ! Cet article n’était pas prémédité, l’échange s’est fait de façon spontanée et c’est ce qui le rend aussi beau. Entre passionnées ont se comprend 🙂

Il y a encore tellement à explorer sur la symbolique du vampire, mais quand même c’est alarmant non ? Si le mal devient brillant et que bon reste sous la lumière, comment faire la distinction des deux ? Alors si en plus, les consciences disparaissent…

Le monde ne serait-il pas imperceptiblement en train de tomber entre les mains des Stryges ?

Enfin, pour vraiment conclure, comme le dit si bien l’auteur Morgane Caussarieu, « les gentils vampires n’existent pas »!

Ameth

Publicités

2 réflexions sur “Entretien Avec l’Auteur Li Cam (La Chronique des Stryges) – Les Oniriques Mars 2015

Une idée en tête ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s