Le Système Scolaire Actuel Permet-Il De Préparer Les Jeunes à Leur Vie D’adulte ? – Réflexion


Dans nos sociétés actuelles en mutation il est nécessaire de se poser la question  de l’avenir de ceux et celles qui seront les pionniers de demain : les enfants. Il est important de bien considérer chaque individu avec toutes ces spécificités avec respect de ses compétences pour pouvoir l’inciter à évoluer en accord avec lui-même dans un monde en perpétuel mouvement. Mais comment faire pour éduquer ? L’éducation est le fait de développer un ensemble de connaissances et de valeurs considérées essentielles pour atteindre un niveau de culture nécessaire.

Bien éduquer un enfant c’est donc lui communiquer, lui transmettre et enseigner les outils utiles son intégration dans l’espace social. Ce processus repose sur des instances de socialisation fondamentale que sont : la famille, l’école et les médias. De façon plus spécifique nous nous attelleront à la question de l’école : le système scolaire français permet–il aux jeunes une bonne  préparation à la vie d’adulte ?

Dans un premier temps nous verrons les atouts du système français qui permettent d’encourager les jeunes puis  nous poursuivrons pas nuancer nos propos en soulignant les failles de ce dernier pour enfin le comparer avec d’autres systèmes occidentaux. Et ceci dans le but de trouver des solutions adéquates.

Le système éducatif français est composé d’une administration solide et d’une académie dont l’ancienneté lui confère une certaine stabilité. On observe dans ce système une hiérarchisation des tâches, des fonctionnaires, des professeurs qui permettent aux élèves de bien en comprendre le fonctionnement et de se rassurer quant à la pérennité de ce système. Par ailleurs, l’école est un espace social de jonction entre la famille et la société que la France est loin de négliger. Selon le ministère de l’économie, le budget étatique réservé à l’éducation occupe la 3ème place avec 46 milliards d’euros prévus à cet effet (chiffres 2013)

En outre, la France offre un large panel de formations : générales, professionnelles, spécialisées, longues, courtes. Ce qui n’est pas le propre de tous les pays. Elle investit notamment pour offrir et innover dans ce domaine avec l’ouverture depuis 2012 de plus en plus de « licences professionnalisées » qui permettent aux jeunes d’alterner cours à l’université et stages pratiques pour faciliter leur l’insertion dans le monde du travail. A ceci s’ajoute des programmes de jumelage à l’étranger et aussi des partenariats entre des seniors et de jeunes apprentis pour inciter à l’entraide intergénérationnelle et créer du lien social entre les différentes strates.

Aussi on ne peut parler de la France sans évoquer les Zones d’Expression Populaire qui sont mises en place depuis une dizaine d’années pour accompagner les élèves en difficulté dans les quartiers difficiles. Y sont programmées par exemple, des séances de révisions en groupe pour les examens (Brevet des collèges et Baccalauréat principalement) ainsi que des plannings de travail intensif pour aider et encadrer la préparation aux concours (I.E.P. , écoles de commerce …) dans le but de réduire les inégalités et d’encourager une discrimination positive à l’égard de ceux issus de milieux sociaux pas très aisés.

Enfin, la France est l’un des pays qui a su dans ses méthodes pédagogiques et d’enseignement lier les 4 formes d’apprentissage suivantes : l’observation, le conditionnement, l’interaction et  le renforcement en mettant l’accent sur l’utilisation de tous les sens pour favoriser les différents types de mémoire.

Malgré cette bonne volonté française des carences existent, ce qui explique probablement le mauvais classement de la France dans les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement économique.

Selon Françoise Dolto, psychologue spécialisée dans le développement de l’enfant et fondatrice de la méthode Dolto énonce : « Prétendre humaniser l’école, c’est peut-être aussi utopique que de vouloir rendre la guerre « humaine ». » Ceci souligne un fait : l’école n’est plus le havre de paix, prônant l’éducation des savoir qu’elle fut jadis.

Et ceci pour plusieurs raisons : la première réside dans la structure même de l’école. Les classes sont surchargées d’effectifs, les professeurs sont perçus comme rabat-joie bons à faire la police et la morale, les élèves sont attablés chacun dans leur coin en attendant de recevoir l’information d’un professeur – information que lui-même ne sait pas transmettre avec exactitude parfois, d’où l’importance de la pédagogie- de façon magistrale et souvent perçue par l’enfant comme une soumission.

De plus, les horaires sont drastiques alors qu’on sait que la concentration d’un enfant s’étiole vite et que beaucoup d’heures de cours ne riment pas forcément avec efficacité. A l’image du cas finlandais qui dépasse le record minimal d’heures de cours par an (selon l’O.C.D.E.) En outre Michel Serres, Philosophe français contemporain et écrivain, critique cette « société de classement » dans laquelle on voudrait tout chiffrer jusqu’aux performances des élèves. Les notes engendrent du stress et des tensions de compétitions inutiles alors que les enfants peuvent réussir sans cela : d’où l’exemple suédois avec un système sans notes, seulement basé sur des appréciations et commentaires qui pointent du doigt les erreurs à ne plus refaire sans engendrer de sentiment de culpabilité, de honte ou de perte de confiance de soi chez l’élève.

En outre, les élèves « moins bons » ou qui sortent du lot sont directement mis à l’écart et marginalisés comme s’ils valaient moins que les autres. Ceci ne fait que renforcer les inégalités au sein même de l’école alors que ces élèves devraient être pris en compte : pourquoi faire des différences un tare ? L’école ne prend pas en compte les aspirations, motivations, contexte culturel et le rythme d’apprentissage personnel, selon Françoise Dolto « c’est une école type pour un enfant type qui n’existe pas. » Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la capacité de s’adapter à une forme de pensée – la rationnelle et logique, dite « convergente » en psychologie –  que l’on est capable de ne rien comprendre.

Et bien souvent, ces élèves mis à l’écart ont développé des compétences autres que lire ou faire des calculs, ce qui fait appel à une pensée dite « divergente » qui répond beaucoup plus au besoin de l’enfant de découvrir et de questionner le monde qui l’entoure en satisfaisant sa curiosité ; cela souligne l’un des problèmes majeurs de l’école : elle n’encourage pas à la créativité et au développement optimal du potentiel artistique de chacun. Loin de les accompagner grâce à des activités périscolaires, l’école française entrave l’imagination avec une tonne de devoirs à faire (souvent inutile), un emploi du temps très chargé et des pauses déjeuner limitées.

Ensuite, cette absence de stimulation du créatif est une entrave au bon développement de l’autonomie individuelle en collectivité, l’austérité et la tendance trop magistrale du système français empêche à une vraie démarche de réflexion et quand bien même elle se pointe tardivement c’est pour limiter, cadrer et orienter l’étudiant jusqu’à même s’infiltrer dans les sujets de dissertation en lui interdisant d’évoquer son opinion personnelle. Les académies se font vieillissantes et ne prennent plus en compte des réalités sociales de notre temps : à l’école on ne nous apprend pas comment gérer son budget, à gérer ses relations sociales avec les pairs ou encore à se préparer à la tyrannie d’un monde du travail de plus en plus mondialisé.

En ce sens, des sociologues ont observé ces dernières années une « inflation des diplômes » c’est-à-dire que malgré la démocratisation de l’école et la volonté de réduire les inégalités face à l’apprentissage, les diplômes n’ont plus la même valeur qu’avant sur le marché du travail : avoir une licence ne suffit plus. On observe ainsi que les méthodes rétrogrades, le taux de redoublement en France, les programmes chargés expliquent le manque de motivation des élèves et la fatigue psychologique engendrant le stress voir la dépression.

 Au final, quelles solutions adopter et sur qui prendre exemple ?

La France devrait s’inspirer de ses voisins et adopter en fonction de son contexte ce qu’elle juge efficient et efficace :

– L’ouverture,  comme le modèle britannique favorisant le projet professionnel dès le collège et la créativité avec énormément d’activités périscolaires à l’instar des Etats-Unis

– Changer ce système de notes chiffrés qui mettent la pression aux élèves, comme en Finlande et en Suède

– Encourager plus d’autonomie dans les écoles par les élèves via un système d’autogestion (Ecole de Summerhill, en Angleterre)

– Répartir les heures de cours avec plus de tact et réserver les après-midis aux activités comme en Allemagne

– Placer l’enfant en tant que propre acteur de son apprentissage et non plus juste en récepteur passif de l’information (Méthode éducation nouvelle et Frenet)

En définitive, malgré les atouts du système actuel, la France à encore pas mal à apprendre. Son système ne prépare pas forcément les jeunes à la vie d’adulte même si des matières comme l’éducation civique le laisseraient penser. Il est bénéficiaire à certains et nuisibles à d’autres, sans prendre en compte les capacités de chacun.

Il serait judicieux de mettre à profit les formations courtes, professionnalisées  et même d’ouvrir une université pour les non-bacheliers et ceux qui à qui le système traditionnel ne réussit pas. Il faut accepter les différences pour mieux les gérer. Orienter les jeunes, dialoguer, échanger et les éduquer pour les réconcilier avec l’école et leurs appartenances multiples est nécessaire à la formation de leur identité. L’enfant ne doit plus être passif et soumis mais actif et autonome.

Cependant les réformes nécessitent du budget, une volonté de changement par rapport à un système bien implanté actuellement dans les mentalités : alors armons- nous de patience et tentons d’apporter une touche de créativité sur notre passage en « sortant du cadre ». Stop au bourrage de crâne inutile et vive le libre court à la curiosité et à l’imagination.

Ameth

-Sources-

Bibliographie

 Dolto expliquée aux parents, Jean-Claude Liaudet, 1998

Petite poucette, Michel Serres, 2008

 Articles

« Les effets de l’éducation familiale sur la réussite scolaire », Numéro 63 IFE, Juin 2011 

http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/63-juin-2011.pd

« La socialisation : l’homme en tant qu’être social », Blog SkyMinds http://www.skyminds.net/economie-et-sociologie/les-activites-economiques-et-leur-cadre-social/la-socialisation-lhomme-en-tant-quetre-social/

Sir Ken Robinson Official Website

http://sirkenrobinson.com/?

Toupie dictionnaire, le dictionnaire politique

http://www.toupie.org/Divers/recherche_resultat.php?mot=education

« L’école casse-t-elle nos enfants ? », Dossier Le nouvel Observateur, Mai 2012 http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20100902.OBS9318/exclusif-l-ecole-casse-t-elle-nos enfants.html

« L’étrange déprime française : l’école en cause comme en 1940 », article le nouvel observateur, Août 2012

http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120911.OBS1996/l-etrange-deprime-francaise-l-ecole-en-cause-comme-en-1940.html

« Une nouvelle base de données pour comparer l’efficacité des systèmes éducatifs », Avril 2013, Slate.fr

http://www.slate.fr/lien/72113/qualite-systeme-educatif-classement

« PISA 2012, en France les inégalités françaises sont particulièrement marquées », L’Express, Décembre 2013

http://www.lexpress.fr/education/pisa-2012-en-france-les-inegalites-scolaires-sont-particulierement-marquees_1304368.html?xtmc=syst%E8me_%E9ducatif_fran%E7ais&xtcr=17

« Rythmes scolaires, ça donne quoi ailleurs ? », Juin 2011, Slate.fr http://www.slate.fr/story/22041/les-rythmes-scolaires-ca-donne-quoi-ailleurs

 Vidéos

« Do schools kill creativity ? » – Sir Ken Robinson

“ Changing Paradigm ” – Sir Ken Robinson

 

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