Le Prince Charmant N’existe Pas : Quand Les Héroïnes De Romans Prennent La Parole ! – Réflexion Littéraire


Dans le cadre d’un partiel à l’université, on avait le sujet de dissertation suivant à traiter :Quelle est la place de la femme dans l’art au 20 et 21 siècle ? Alors voici ma « copie » que je partage avec vous car elle est pour le moins atypique et retrace quelques propos de mes héroïnes préférées (sur lesquelles je n’ai pas encore fait d’articles d’ailleurs)

 Le sujet fut traité de façon polémique exprès donc veuillez ne pas vous offusquez du langage !

Bonne Lecture !

Dissertation : Quelle est la place de la femme dans l’art au 20 et 21 siècle ?

Le personnage féminin incarne un rôle non négligeable dans toute œuvre depuis le début de l’Histoire. En effet, car la femme ne peut être dissociée de l’Homme, c’est en ce sens qu’elle fut représentée sous divers aspects, en passant du statut de paria, à un être sans âme à celui de muse. L’art étant un vaste domaine, il nous semble judicieux de nous cantonner à la littérature. La question de la place de la femme en littérature donc, pose également le problème du rôle attribué et de celui qu’elle désire incarner. Ainsi que de sa fonction en tant que lectrice et qu’écrivain, de sa responsabilité en tant que mère, fille, sœur, femme et surtout du choix de cette place qu’on lui attribue aujourd’hui.

 En ce sens nous traiterons notre réflexion en deux parties :

1- La place de la femme : entre choix libre ou volonté imposée ?

2- La place de la femme dans la littérature en tant que reflet de la société.

 La place de la femme : entre choix libre ou volonté imposée ?

La place de la femme aujourd’hui ne dépend t-elle que de son choix propre ? Ou lui attribue-t-on ce que l’on croit qu’elle soit pour qu’elle réponde au mieux aux attentes de ces messieurs ?

La femme en littérature comme on voudrait nous le faire croire n’a pas toujours eu la marge de liberté qu’elle a de nos jours. En effet, quand on vous parle du genre de lectures « féminines » (cf la Chick-lit) on a trop souvent directement en tête des couvertures flashy (rose bonbon de préférence) aux apparences dépassées. Mais cela ne relève-t-il que de l’apparence justement quand bien même le fond peut-il s’avérer intéressant ? Ceci se confirme par des personnages féminins souvent trop édulcorées, caractérisées par leur gaucherie maladive et leur niaiserie ambiante. Comme le dit  Charlaine Harris « ça ne se fait pas de baver devant tout le monde Sookie ! »

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Mais hélas Sookie, comme bien d’autres, espère vainement (et vraiment, quelle ironie !) qu’un amour fort et puissant lui tombera du ciel par un beau jour levant … Mais comme l’a bien compris sa compatriote romantique, Anna de E.L. James, il n’est point bon d’attendre quelque chose qui ne viendra peut-être jamais : « Je pleure quelque chose que je n’ai jamais eu, ridicule ! » Cependant, la soumission apparente des femmes n’est pas complètement confirmée : en effet Sookie nous rétorque qu’elle « défendait simplement son cœur du mieux qu’elle pouvait : en jouant les garces.»

Ceci nous amène à penser que les femmes même enfermées derrière des barreaux de préjugés ne sont pas si soumises que cela … M. Grey en perdrait son pantalon !

En parlant des 50 nuances, on remarque d’ailleurs qu’Anna n’est pas si prude qu’elle n’y parait et qu’au contraire, dans la relation de dominant/dominée qu’elle entretient avec M. Grey, c’est en fait elle qui tient les rennes. La femme est donc également symbole de pouvoir, elle n’a pas à être ce qu’elle ne veut pas être, comme nous le dit (si sagement) Antigone : « Moi, je peux dire « non » encore à tout ce que je n’aime pas et je suis seule juge. »

Le pouvoir sous toutes ces facettes, que ce soit contre un gouvernement injuste comme Antigone ou dans les relations humaines est mis en lumière : « Tu ne seras une vraie geisha que lorsque tu seras capable d’arrêter un homme d’un seul regard » (Arthur Golden) images (46)

D’où les prémices de la femme en tant que femme-fatale à la sexualité assumée, qui s’ouvre peu à peu comme une fleur éclose sur le devant de la scène …

Sookie revient et nous dit qu’il nous faut bien du courage dans ce monde de brutes car « Si l’on ne s’encourage pas nous même, qui le fera à notre place hein ? »

De façon plus affirmée, Maeve renchérit : « Et si l’espoir était une illusion, eh bien j’avais déjà prouvé, que j’étais capable de rendre les illusions assez réelles pour  les poignarder »

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Ainsi les femmes, malgré l’opinion qu’ont les hommes sur elles, brandissent l’étendard de leur liberté assumée et promis : elles ne se laisseront plus jamais faire ! (au risque de se faire retourner Jeanne d’Arc et Simone de Beauvoir dans leurs tombes ….)

Entre place prise et place promise, passons maintenant à la seconde partie de notre réflexion qui traitera de la place de la femme dans la littérature en tant que reflet du modèle sociétal actuel.

 Si l’on ne vend plus vraiment du Jane Austen et que les romans Bit-lit et Chick-lit se vendent mieux, c’est aussi dû au choix de ces dames. Les lectrices préfèrent s’évader dans des histoires romantiques aux princes pourtant par toujours si vaillants … Pourquoi ? Parce qu’on leur a fait croire que lire Les accros au Shopping de Sophie Kinsella c’était être à la mode ? Et que s’identifier à Julie de G. Legardinier était une bonne chose en soi ? Après tout, rien n’est tout rose ou noir n’est-ce pas ? Comme l’énonce avec éloquence Julie « on a probablement plus de regrets que de fierté à partager. » Mais les filles, réveillez-vous un peu ! Le prince charmant, qu’on se le dise, n’existe pas ! Et vous savez pourquoi ?

Parce que vous êtes vous-mêmes seules maîtresses de votre fief …

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En parlant de ces contes qu’on nous fait lire et relire depuis petites, ne sont-ils pas une forme de conditionnement social ? Une étude montre récemment que les hommes aussi aimeraient bien être sauvés par des princesses … Armons-nous de nos plumes et créons nos histoires, à force d’avoir peur que « le prince se transforme en grenouille » comme le dit Anna, on oublie qu’au final que « Cendrillon s’est bien foutue de notre gueule » (Cindi Madsen) On peut donc dire que les contes sont en quelque sorte des métaphores de nos relations humaines, il serait bon de ne pas l’oublier.

La femme donc perçue en tant que jeune fille émancipée, à la mode, indépendante financièrement, forte sentimentalement … D’accord, mais qu’en est-il de son statut de mère ? Eh bien on peut demander ceci à toutes celles qui lisent du « Mumy Porn ». E.L. James, bien qu’ayant vendu un best-seller mondial, ne doit pas se réjouir de l’image donnée des lectrices qui lisent son roman. La sexualité non assumée des mères voulue par des stéréotypes qui voudraient qu’elles lisent Les 50 nuances en cachette, ne reflète-t-elle pas une vision désuète de la société ? On place plus volontiers la maman dans la cuisine ou à la maison qu’en train de prendre du plaisir (même si c’est juste en mangeant du chocolat le plus innocemment du monde oui oui) : pourquoi ?

Par ailleurs, si un homme avait publié ce genre de littérature, l’aurait-on qualifié de « Dady Porn » ? Je ne pense pas … Il est connu qu’un homme c’est viril et donc qu’il peut se permettre une sexualité plus libre n’est-ce pas … (ou en tout cas, plus assumée)

D’autant plus affligeant que le prix littéraire cette année fut attribué à une femme alors qu’il ne l’avait pas été depuis plus de 50 ans : le machisme se serait-il infiltré jusque dans les maisons d’éditions ?

En définitive, la place de la femme est relative à l’angle d’attaque prit. Mais la femme a quand même fait pas mal de chemin depuis le début du 20 ème siècle. Il reste à prendre en compte que si certaines choses sont à remettre en question dans la place qu’elle incarne c’est avant tout dû à son propre consentement car « qui ne dit mot, acquiesce. » Il faut donc savoir prendre du recul entre les idées préconçues et les préjugés car la place de la femme n’est jamais vraiment assurée, car c’est aux femmes de la garder en main et comme le disait si bien Simone de Beauvoir, « on ne naît pas femme, on le devient. »

Ameth

– Bibliographie des sources –
Les 50 nuances de Grey, E.L. James, 2011
« Je crois que j’ai embrassé un prince, maman. J’espère simplement qu’il ne va pas se transformer en grenouille. » « Je pleure quelque chose que je n’ai jamais eu, ridicule »

La communauté du Sud (Tomes 1 à 13), Charlaine Harris, 2001
« Si on ne s’encourage pas nous même, qui le fera à notre place hein ? »
« ça ne se fait pas de baver devant tout le monde Sookie ! » « Je défendais simplement mon coeur du mieux que je pouvais : en jouant les garces »

Maeve Regan (Trilogie) Marika Gallman, 2012
« Et si l’espoir était une illusion, eh bien j’avais déjà prouvé que j’étais capable de rendre les
illusions assez réelles pour (mieux) les poignarder »
« La plupart des gens qui ont peur d’aimer on en fait peur de ne pas être aimés en retour »

Cendrillon me perdra, Cindi Madsen, 2013
« Cendrillon s’est bien foutue de ma gueule »

Antigone, Jean Anouilh, 1946
Moi, je peux dire « non » encore à tout ce que je n’aime pas et je suis seule juge

Geisha, Arthur Golden, 1997
« Tu ne seras une vraie geisha que lorsque tu seras capable d arrêter un homme d’un seul
regard »

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4 réflexions sur “Le Prince Charmant N’existe Pas : Quand Les Héroïnes De Romans Prennent La Parole ! – Réflexion Littéraire

  1. Il faut aussi remarquer que la femme en occident, actuellement ne s’affiche en permanence que de manière sexy. Il y a cette illusion que seul l’aspect sexuel peut faire parvenir la femme au pouvoir.
    Alors que toujours vouloir séduire (déjà vestimentairement par l’impudeur) est une marque d’ immaturité manifeste.
    C’est faire continuer la « guerre des sexes ».

    • Entierement d accord, on voue un culte aux apparences et on s etonne apres du manque de tenue de certains gens … il est temps que l on voit en nous notre personnalite et notre identite dans sa pluralite singuliere et non juste comme fashion victime objet, quoique apres il faut juste trouver l equilibre du juste milieu en etant eleguante avec intelligence 🙂

      • La plupart des gens ne sont plus élégants.
        ça tue la poésie et l’amour; on fait l’apologie du sexe à tout va. Le romantisme et la galanterie n’existent presque plus.
        Alors évidemment le prince charmant ne trouve plus sa princesse.

  2. Pingback: La blogo et moi : toute une histoire ! | Plume d'Ameth

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